Cant

Cant

Delvau, 1866 : s. m. Afféterie de manières et de langage ; hypocrisie à la mode. Expression désormais française. Le cant et le bashfulness, deux jolis vices !

Delvau, 1866 : s. m. Argot des voleurs anglais, devenu celui des voleurs parisiens.

Rigaud, 1881 : Argot des voleurs anglais.

France, 1907 : Hypocrisie de manières et de langage, particulière d’abord à nos voisins de Grande-Bretagne, mais qui, grâce à l’anglomanie, a passé le détroit pour s’implanter chez nous. Bérenger, Jules Simon, Frédéric Passy et autres diables devenus vieux, se font les propagateurs du cant.

La jeune Anglaise est de bonne heure experte en la matière. Plus libre que la Française, plus franche d’allures, moins attachée aux jupes maternelles, mêlée à la société des garçons dans les jeux en plein air, elle se familiarise vite, en dépit du cant qui, du reste, s’attaque plus aux mots qu’aux choses, autorise et se permet des privautés sans grandes conséquences.

(Hector France, La Taverne de l’Éventreur)

La banalité nous envahit. Nos mœurs se patinent d’une couche uniforme de prudhommerie et de snobisme. Le cant règne en maître. Si nous ne mourons plus guère de mort tragique, nous dépérissons lentement de spleen et d’ennui ; et, en fin de compte, cela revient à peu près au même.

(La Nation)

Cantaloup

Larchey, 1865 : Niais. — V. Melon.

Delvau, 1866 : s. m. Imbécile, melon, — dans l’argot des faubouriens.

France, 1907 : Niais, facile à duper ; synonyme de melon.

Canter

France, 1907 : Petit galop ; anglicisme. Expression du turf qui désigne le petit galop d’essai auquel s’amusent les jockeys avant de ranger leurs chevaux dans le starter. Par extension, d’un cheval qui a gagné aisément la course, on dit qu’il a gagné « dans un canter », c’est-à-dire comme en un petit galop d’essai.

Cantharide

Delvau, 1864 : Insecte qui, réduit en poudre, est un aphrodisiaque énergique et dangereux qu’emploient les gens épuisés par les excès vénériens pour en recommencer d’autres.

La cantharide est, à Cythère,
En usage comme à Paris ;
Son effet est très salutaire,
Surtout pour nous autres maris.
Ce bonbon me change en Alcide !
J’étais si faible auparavant…
En avant de la cantharide !
Oui, la cantharide en avant. !

(J. Du Boys)

Cantique

Delvau, 1866 : s. m. Chanson à boire, — dans l’argot des francs-maçons, qui savent que chanter vient de cantare.

France, 1907 : Chanson à boire ; argot des francs-maçons.

Cantoche

France, 1907 : Cantine.

Canton

anon., 1827 / Raban et Saint-Hilaire, 1829 / Bras-de-Fer, 1829 / Halbert, 1849 : Prison.

Larchey, 1865 : Prison (Vidocq). — Du vieux mot canton : coin. C’est dans les coins qu’on est à l’ombre. — Cantonnier : Prisonnier. V. Carruche.

Delvau, 1866 : s. m. Prison, — dans l’argot des voleurs.

Rigaud, 1881 : Prison, — dans l’ancien argot.

La Rue, 1894 : Prison. Capitaine. Capitaliste, agioteur.

Virmaître, 1894 : Prison. Le prisonnier y est en effet cantonné (Argot des voleurs).

France, 1907 : Prison ; du vieux mot canton, coin. Comte de canton, geôlier.

Canton ou carruche

Vidocq, 1837 : s. f. — Prison.

Cantonade

Delvau, 1866 : s. f. Partie du théâtre en dehors du décor, — dans l’argot des coulisses. Parler à la cantonade. Avoir l’air de parler à quelqu’un qui est censé vous écouter, — au propre et au figuré. Écrire à la cantonade. Écrire pour n’être pas lu, — dans l’argot des gens de lettres.

Cantonade (écrire à la)

France, 1907 : Écrire des articles ou livre que le public ne lit jamais. Du mot cantonade, partie du théâtre derrière le décor. Parler à la cantonade, parler à une personne invisible. Argot des coulisses et des gens de lettres.

Cantonnier

Raban et Saint-Hilaire, 1829 / Halbert, 1849 : Prisonnier.

Delvau, 1866 : s. m. Prisonnier.

Rigaud, 1881 / France, 1907 : Prisonnier.

Cantonnier, -ière

Vidocq, 1837 : s. — Prisonnier, prisonnière.

Cantonniers

anon., 1827 / Bras-de-Fer, 1829 : Prisonniers.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique