Chambard

Chambard

Fustier, 1889 : Bruit, tapage. « Il est de tradition à l’École (Polytechnique) que, à la rentrée, les anciens démolissent les meubles des nouveaux, jettent leurs oreillers et leurs matelas par les fenêtres et dispersent leurs affaires. C’est ce qu’on appelle faire le chambard. »

(Temps, 1881)

Rossignol, 1901 : Bruit.

Mes voisins ont fait tellement de chambard la nuit passée, que je n’ai pas fermé l’œil.

Hayard, 1907 : Bruit, tapage.

France, 1907 : Acte de briser, de bousculer, de mettre en désordre les effets ou les objets d’un nouveau venu à l’École Polytechnique ; argot des écoles miliaires. Il signifie dans l’argot populaire : tumulte, bruit.

En réalité, le chambard que les socialos rêvent se borne à changer les étiquettes, à recrépir la façade et autres fumisteries du même blot. Avec eux, au lieu d’être exploités par le patron, on le serait par l’État… au lieu de toucher notre paye en pièces de cent sous, on nous la cracherait en billets de banque baptisés : « bons de travail. »

(Almanach du Père Peinard, 1895)

Chambard (en faire)

Virmaître, 1894 : Faire un potin infernal (Argot du peuple). V. Chambarder.

Chambard, chambarder, chambardement

La Rue, 1894 : Bruit, tapage, renversement, bris.

Chambardement

Fustier, 1889 : Renversement, bris.

Gambetta, vil objet de mon ressentiment,
Ministres ennemis de tout chambardement,
Sénateurs que je bais…

(Événement, 1881)

Rossignol, 1901 : Faire du chambard.

France, 1907 : Bouleversement, destruction.

Les sociétés se succèdent et disparaissent, englouties tour à cour dans de formidables débâcles. Que reste-t-il des antiques civilisations de l’Asie, des Amériques et de celles dont ou découvre, çà et là, des traces au-delà des déserts africains ?
Comme elles, la nôtre ne sera plus qu’un souvenir.
Sur nos débris, d’autres races surgiront, qui ne comprendront ni notre histoire, ni nos mœurs, ni nos sottises, ni nos crimes.
Table rase ! Le jour du grand chambardement est proche, Les bruits précurseurs des tempêtes s’élèvent de toutes parts.

(Hector France, Lettres Rouges)

Chambarder

Delvau, 1866 : v. a. Secouer sans précaution ; renverser ; briser, — dans l’argot des ouvriers qui ont servi dans l’infanterie de marine.

Fustier, 1889 : Faire du bruit, du chambard.

Vous aurez la complaisance cette année de ne pas tout chambarder dans l’École (Polytechnique), comme vous en avez l’habitude…

(XIXe siècle, 1881)

On dit familièrement en Bretagne chambarder pour : remuer, bousculer quelqu’un ou quelque chose. (V. Delvau : Chambarder.).

Virmaître, 1894 : Tout casser, tout démolir, bouleverser une maison de fond en comble, renouveler son personnel. Mot à mot : faire balai neuf (Argot du peuple).

Rossignol, 1901 : Jeter.

Dans un moment de colère, j’ai chambardé par la fenêtre tout ce qu’il y avait dans les meubles.

France, 1907 : Tout casser. Se défaire à vil prix de son mobilier où de ses hardes.

Louise Michel était bouclée dans la prison de Vienne, quand les gaffes viennent lui annoncer, la gueule en cul de poule, que Constans ayant pitié d’elle on allait la foutre en liberté.
Bien plus, nom de dieu ! on disait tout bas que c’était elle qui avait réclamé sa grâce.
Sous un coup pareil, Louise a bondi ! Sortir seule de prison et y laisser moisir une cinquantaine de bons copains ? — Non, non, elle ne sortirait pas !
Foutue en rage, elle s’est mise à tout chambarder !

(Le Père Peinard)

Chambardeur

France, 1907 : Casseur d’assiettes, homme bruyant, tapageur.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique