Rigaud, 1881 : Trousseau fourni par les maîtresses de maison de tolérance à leurs pensionnaires, — dans le jargon des filles. Rendre son change, laisser ses nippes quand on passe d’une maison dans une autre.
France, 1907 : Substitution d’un jeu de caries prépare à celui qui est sur la table.
Méfiez-vous d’un banquier qui, après avoir pris une poignée de cartes pour servir les tableaux, se démène, fouille dans ses poches, prend son porte-billets, son mouchoir, son étui à cigares, assujettit sa chaise, se penche vers ses voisins, parle au croupier en se penchant sur la table, fait une réclamation bruyante, se querelle avec un ponte, froisse les cartes, se plaignant de leur mauvaise qualité, demande du feu en se tournant un peu de côté, etc., etc. Tout ce manège est pour dérouter l’attention et opérer le change de la poignée de cartes qu’il tient dans la main, afin de les remplacer par d’autres cartes qu’il a sur lui et qui sont « séquencées. »
(Hogier-Grison, Le Monde où l’on triche)
France, 1907 : Vêtement de ville que les maîtresses de lupanar prêtent à une fille qui passe d’une maison dans une autre.
La plupart entrent au bordel ne possédant ni bas, ni souliers, ni chemises. Lorsque c’est à la prison où à l’hôpital qu’elles ont été recrutées, la dame de maison qui les a retenues est obligée de leur envoyer de quoi se couvrir ; et quand elles passent d’un lupanar à un autre, elles ne peuvent le faire qu’avec les vêtements appartenant à la maîtresse qu’elles quittent. Les filles ont une expression pour désigner ce trousseau lorsqu’elles le renvoient à sa propriétaire ; elles disent alors « quelles rendent leur change. »
(Léo Taxil, La Prostitution contemporaine)
