Corbillard

Corbillard

Virmaître, 1894 : On écrivait autrefois corbeillard, parce que ce mot désignait le coche d’eau qui faisait le service entre Paris et Corbeil. On a écrit également corbillas et corbillat. Gouffé a chanté la lugubre voilure :

Que j’aime à voir un corbillard ;
Ce goùt-là vous étonne ?
Mais il faut partir tôt ou tard,
Le sort ainsi l’ordonne
Et loin de craindre l’avenir,
Moi de cette aventure
Je n’aperçois que le plaisir
D’aller en voiture.

L’expression de corbillard date de 1793, époque de la création de ces voitures (Argot du peuple). N.

France, 1907 : Pupitre double où s’assoient les clercs de notaire, d’avoué, etc.

L’étude était une étude comme toutes les autres, ornée de cartons étiquetés et tapissée de liasses poussiéreuses, humide et obscure. On y respirait une atmosphère moisie, à laquelle semblaient habitués les cinq ou six clercs attablés au grand pupitre double, peint en noir, que dans ces officines on appelle un corbillard.

(Gustave Graux, Les Amours d’un jésuite)

Corbillard à deux roues

Rigaud, 1881 : Personne triste.

Dis donc, ma fille, quitte donc ce corbillard à deux roues et viens avec nous, qui sommes de francs loupeurs !

(Philibert Audebrand)

Corbillard à nœuds

Rigaud, 1881 : Prostituée ignoble et malsaine, — dans le jargon des voyous.

France, 1907 : Prostituée de bas étage. Jeu de mots trop expressif pour qu’il ait besoin d’explication.

Corbillard de loucherbem

Fustier, 1889 : « Et voici, pour corser tous ces parfums et leur donner la note aiguë, voici passer au galop le corbillard de loucherbem, l’immonde voiture qui vient ramasser dans les boucheries la viande gâtée. »

(Richepin)

France, 1907 : Voiture qui ramasse, dans les boucheries, la viande gâtée. Loucherbem signifie, en largonji, boucher. Cet argot consiste à substituer la lettre l à la première consonne qu’on transporte à la fin du mot suivi de la désinence em.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique