Dandin

Dandin

d’Hautel, 1808 : Un George-Dandin. Épithète insultante que l’on donne à un mari d’humeur facile et complaisante ; et généralement à un homme simple et pusillanime dont la bonté approche beaucoup de la bêtise.

France, 1907 : Mari trompé, personnage d’une pièce de Molière : Georges Dandin ou le Mari confondu. Mais, avant Molière, Rabelais avait déjà fait un nom propre de ce mot si expressif de notre vieille langue, qui signifiait un niais, un badaud.

De plus, nous vivons dans un milieu aimable où l’indulgence souriante est de bonne compagnie. Non seulement où ne s’indigne nullement à l’idée qu’une jolie femme trompe son mari, mais les pièces de théâtre, les romans et les journaux — que le Gil Blas prenne sa part de responsabilité ! — nous prêchent la vie facile et excusent, pour ne pas dire glorifient, l’adultère. Depuis certain général qui semble la personnification vivante de la bravoure française et de l’élégance aristocratique, il n’est plus du tout ridicule pour un marquis d’être un successeur de Sganarelle ou de Dandin.

(Colombine, Gil Blas)

Dandinage

Rigaud, 1881 : Raclée soignée, — dans le jargon des voleurs. Il va y avoir du dandinage.

Dandiner

d’Hautel, 1808 : Se dandiner. Avoir un maintien sot et décontenancé ; se balancer sur sa chaise ; niaiser, paresser.

Halbert, 1849 : Balancer.

France, 1907 : Battre, frapper ; celui qui est battu remue son corps, se dandine pour esquiver ou parer les coups.

Dandiner (se)

Rossignol, 1901 : Se balancer en marchant.

Dandiner un pante

Rigaud, 1881 : Battre, maltraiter quelqu’un qui vous déplaît, — dans le jargon des voleurs.

La Rue, 1894 : Battre quelqu’un.

Dandines

France, 1907 : Coups. Recevoir des dandines, être battu. Encaisser des dandines.

Dandines (coller des)

Rigaud, 1881 : Porter des coups. — Encaisser des dandines, recevoir des coups. — Une grêle de coups de poing fait dandiner celui qui les reçoit ; d’où le mot dandines.

Dandinette

Delvau, 1866 : s. f. Correction, — dans l’argot du peuple, qui corrige ses enfants en les faisant danser.

Virmaître, 1894 : Diminutif de danse, battre légèrement. Dandinette est une correction infligée à un enfant désobéissant (Argot du peuple).

Rossignol, 1901 : Petit poisson en étain garni d’un hameçon double que l’on descend et remonte du fond de l’eau pour prendre des perches ou brochets.

France, 1907 : Correction.

Furieux de l’insolence de cette petite maritorne, le capitaine n’en fit ni une ni deux : il se leva d’un bond, empoigna la donzelle et, la troussant jusqu’aux hanches, lui administra, devant l’assemblée ébahie, une forte dandinette.

(Les Propos du Commandeur)


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique