Donner dans
Donner dans
Rigaud, 1881 : Fréquenter : Donner dans la canaille. — Avoir du goût pour : Elle donne dans le militaire.
France, 1907 : Se laisser entraîner. Porter son affection sur quelqu’un ou quelque chose. Donner dans la culotte rouge, aimer les soldats. Donner dans la soutane, être amoureuse du gros curé ou dit petit vicaire, fréquenter les églises.
Donner dans l’œil
Delvau, 1866 : v. n. Plaire, — dans l’argot des petites dames, qui l’emploient aussi bien à propos des gens que des choses dont elles ont envie. Les faubouriens disent : Taper dans l’œil. C’est plus expressif, — parce que c’est plus brutal. Molière a employé Donner dans la vue avec la même signification, j’ai trouvé dans le Tempérament, tragédie parade de 1755 : Il m’a donné dans l’œil, employé dans le même sens.
France, 1907 : Plaire. On dit plus généralement : taper dans l’œil.
Donner dans l’œil à un homme ou à une femme
Delvau, 1864 : Donner envie à un homme de coucher avec une femme, ou à une femme de coucher avec un homme.
Il m’a dit que votre chienne de mine lui avait donné dans l’œil.
(La Popelinière)
Donner dans le panneau
France, 1907 : S’être laissé tromper ; être victime de machinations.
Aujourd’hui, après que les croque-morts ont emporté sa bière, qu’on l’a enseveli sans escorte, sans roulements de tambours voilés de crêpe, comme un coupable, que ses vieux parents souffrent et se lamentent, le deuil au cœur, et peut-être mourront de cette honte, après avoir poursuivi leur enquête, fouillé les papiers, interrogé les camarades, ceux qui avaient condamné sans pitié s’aperçoivent qu’ils ont peut-être fait fausse route et donné dans de panneau d’un ignoble chantage.
(Mora, Gil Blas)
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