Il faut tirer l’échelle (après lui)

Il faut tirer l’échelle (après lui)

France, 1907 : Se dit de quelqu’un qu’on ne peut surpasser, qui est le premier dans sa profession, qui mérite le prix. Cette expression vient du temps où la potence se dressait en maints carrefours. L’échelle en question est celle de la plate-forme patibulaire. L’usage était, quand il y avait plusieurs condamnés, de pendre le plus coupable le dernier, comme on le pratique encore pour la guillotine. Après le dernier pendu, on retirait l’échelle, dont on n’avait plus besoin. Ce dicton, désignant d’abord le plus criminel, s’appliqua à quiconque surpassait les autres, soit en mal, soit en bien. « C’est un maître paillard que le curé de Saint-Marlou : après lui, il faut tirer l’échelle ! » ou bien : « M. le sénateur Bérenger est un homme d’une haute vertu ; après lui, il faut tirer l’échelle ! »

De retour à Paris, las de tant de combats,
Je régale mes gens d’un splendide repas,
Lesquels me font présent d’une très riche épée,
Où tout au long ma vie étoit développée ;
L’art y brilloit partout du haut jusques en bas ;
Surprise, guerre ouverte, embuscades, combats,
Ruse, fuite, retour, mariage, amourettes,
Délibérations, tentatives, retraites,
Quel chef-d’œuvre ! Il falloit tirer l’échelle après,
Le bouclier d’Achille étoit guenille auprès.

(Nicolas Racot de Grandval, Cartouche)


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique