Jour

Jour

d’Hautel, 1808 : Tous les jours que Dieu fasse. Espèce d’exclamation qui signifie journellement, perpétuellement, continuellement.
Ce n’est pas tous les jours fête. Signifie que l’on ne peut pas se divertir tous les jours ; qu’après avoir pris du plaisir, il faut retourner à l’ouvrage.
Il est beau comme le jour qu’il pleuvoit tant. Manière ironique de dire que quelqu’un n’est rien moins que beau.
Long comme un jour sans pain. Se dit d’une chose ennuyeuse, qui assomme par sa longueur.
Cet habit est pour à tous les jours. Locution vicieuse qui se dit d’un habit consacré aux jours ouvrables, au lieu de dire, est pour mettre tous jours, ou les jours ouvrables.
Il y a de la différence comme du jour à la nuit.
Pour dire que deux choses sont tout-à-fait dissemblables.
Vivre au jour le jour. Ne rien économiser de son salaire ; dépenser chaque jour ce que l’on gagne.
Il fait du jour la nuit, et de la nuit le jour. Se dit d’un homme du monde qui passe le jour à dormir et la nuit à se divertir.
Demain, il sera jour. Se dit lorsqu’on remet une chose au lendemain.
Faire quatorze lieues en quinze jours. Être nonchalant, paresseux.
Jour de Dieu ! Espèce de jurement très-usité parmi le peuple de Paris.
Il y a beau jour ! Se dit pour exprimer qu’une affaire est terminée depuis long-temps.

Jour (bonheur du)

France, 1907 : « Un peu trop souvent, pendant que le mai parlait, elle rencontrait les yeux du jeune homme… L’étudiant en droit se rappelait que c’était ordinairement au moyen d’un miroir, porté devant elle par un meuble destiné à contenir son ouvrage, et qu’on appelait alors bonheur du jour, qu’elle opérait la fascination. Retranchée derrière ce frêle rempart, elle avait si bien combiné les lignes de réflexion du cristal, que les regards furtifs se rencontraient là obliquement. »

(H. de Latouche, Grangeneuve)

Jour de la Saint-Jean-Baptiste

France, 1907 : C’est, dans l’argot des voleurs lettrés, le jour de l’exécution. Allusion à la décollation du précurseur de Jésus que la belle Hérodiade fit violemment passer de vie à trépas. Les Anglais disent le jour du torticolis.

À la prison de la Roquette, le jour d’une exécution, les prisonniers ne descendent pas à l’atelier à l’heure réglementaire, ils savent ce que cela veut dire : C’est le jour de la Saint-Jean-Baptiste ; on décolle un copain.

(Charles Virmaître)

Jour de la Saint-Jean-Baptiste (le)

Delvau, 1866 : Le jour de l’exécution, — dans l’argot des prisons. C’est une allusion, comprise même des plus ignorants et des plus païens, à la décollation du Précurseur, dont la belle et cruelle Hérodiade ne pouvait digérer les mercuriales. Les voleurs anglais ont aussi leur allusion à ce jour fatal, qu’ils appellent le Jour du torticolis (wry-neck day).

Virmaître, 1894 : Le jour de l’exécution d’un condamné. À la prison de la Roquette, le jour d’une exécution, les prisonniers ne descendent pas à l’atelier à l’heure réglementaire, ils savent ce que cela veut dire : c’est le jour de la Saint-Jean-Baptiste : on décolle un copain (Argot des voleurs).

Journade, journal

France, 1907 : Ancienne mesure de terre d’à peu près un arpent, représentant la journée de travail d’un homme.

Journaille

Virmaître, 1894 : La journée. On dit d’un paresseux qu’il trouve la journaille plus longue que la queue au pain (Argot du peuple).

Rossignol, 1901 / Hayard, 1907 : Journée.

France, 1907 : La journée de travail ; argot des faubouriens.

Journaleux

France, 1907 : Journaliste d’occasion, méchant plumitif. C’est aussi la désignation méprisante dont les bourgeois et les ouvriers se servent à l’égard des journalistes.

Les journaleux prennent leur mot d’ordre à la Préfectance ; leurs boîtes ne sont d’ailleurs qu’une succursale de la Tour pointue. De sorte, nom de Dieu ! que quand la rousse veut étouffer une saloperie, elle cligne de l’œil aux journaleux, et ça suffit ! De marloupiers à putains on se comprend.

(Le Père Peinard)

Le journaleux dit quelquefois ce qu’il pense, mais il pense rarement ce qu’il dit.

(Dr Grégoire)

Journalistes à richer

Virmaître, 1894 : Les vidangeurs. Cette expression vient d’un mauvais calembour. Les journalistes publient souvent des fausses nouvelles. Les vidangeurs recherchent les fosses nouvelles (Argot du peuple). N.

Journée

d’Hautel, 1808 : Il a bien gagné sa journée. Se dit par raillerie de quelqu’un qui a cassé ou brisé une chose de prix.

Journée (avoir fait sa)

Rigaud, 1881 : Avoir gagné l’argent nécessaire aux dépenses de la journée, — dans le jargon des filles.

Journoyer

Delvau, 1866 : v. n. Ne rien faire de la journée, flâner. Argot du peuple.

France, 1907 : Passer la journée à ne rien faire ; flâner.

Jours (les 28 ou 13)

Merlin, 1888 : Réservistes ou territoriaux.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique