Lorgne

Lorgne

Larchey, 1865 : Borgne (Vidocq). — Abréviation de Calorgne. — Lorgne : As (id.).

Delvau, 1866 : s. m. Borgne, — dans l’argot des voleurs. Ils disent aussi Lorgne-bè.

Rigaud, 1881 : As, — dans le jargon des voleurs. C’est-à-dire borgne. L’as est une carte borgne, n’ayant qu’un point au milieu. Les ouvriers disent « borgne » pour désigner un as. — Quatorze de borgnes, quatorze d’as. M. Fr. Michel donne lorgue ; ce doit être une faute d’impression.

Rigaud, 1881 : Borgne ; avec changement de la première lettre ; et la variante lorgnebé, — dans le jargon des bouchers.

La Rue, 1894 : Borgne. As.

Virmaître, 1894 : Borgne. On dit aussi : lorgnebé. Le borgne ne lorgne que d’un œil. On dit aussi : Il ne peut voir que d’un bon œil (Argot du peuple).

Hayard, 1907 : Le postérieur.

France, 1907 : As. Il n’a en effet qu’un œil.

France, 1907 : Borgne.

Lorgne, lorgne-bé

Vidocq, 1837 : s. — Borgne.

Lorgner

d’Hautel, 1808 : Regarder quelqu’un du coin de l’œil ; lancer des regards indiscrets sur quelqu’un.
Lorgner une femme. La regarder avec recherche ; en devenir amoureux.

France, 1907 : Regarder.

Pendant tout le souper, parlant de chose et d’autre,
Notre vieille sans-dent lorgnoit le bon apôtre,
Qui, loin de lui vouloir donner le moindre espoir,
Ne faisoit pas semblant de s’en apercevoir ;
Sa jeunesse, son air et sa gentille face
Commençoient d’échauffer cette vieille carcasse ;
Toujours tomboit sur lui quelqu’amoureux regard.

(Nicolas R. de Grandval, Le Vice puni)

Lorgnerie

d’Hautel, 1808 : Coup-d’œil fréquent, regards curieux, expressifs et quelquefois incivils.

Lorgnette

France, 1907 : Trou de serrure.

Lorgnette (étui à)

France, 1907 : Cercueil.

Lorgneux

d’Hautel, 1808 : Pour lorgneur. Nom que l’on donne à un homme qui regarde avec curiosité ; à un indiscret qui cherche à connoître ce qui ne le concerne pas.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique