Major

Major

Larchey, 1865 : « Le chirurgien, le tambour-major, le sergent-major, enfin le gros et inévitable major, sont dénommés indistinctement majors. »

(L. Huart)

Delvau, 1866 : s. m. Chirurgien, — dans l’argot des soldats.

Rigaud, 1881 : Chirurgien militaire, — dans le jargon des troupiers.

Major de queue

France, 1907 : Le dernier d’une promotion à l’École polytechnique.

Major de table d’hôte

Delvau, 1866 : s. m. Escroc à moustaches grises et même blanches, à cheveux ras, à redingote boutonnée, à col carcan, à linge douteux, qui sert de protecteur aux tripots de la banlieue.

Rigaud, 1881 : Pseudo-militaire retraité dont l’emploi consiste à découper la volaille, dans une table d’hôte, et à tricher au jeu après dîner, quelquefois en attendant le dîner, quand les dupes abondent.

La Rue, 1894 : Escroc, ayant l’apparence d’un militaire retraité, qui pérore aux tables d’hôte et triche aux cartes après le dîner.

Virmaître, 1894 : Individu à tout faire, qui est maquereau à l’occasion. Le major a toutes les apparences d’un militaire en retraite ; il porte à la boutonnière une rosette multicolore d’ordres exotiques. Le major de table d’hôte est un rastaquouère de premier ordre (Argot du peuple et des filles).

France, 1907 : Ancien on pseudo-militaire qui préside aux tables d’hôte des tripots auxquelles son extérieur donne un certain air de respectabilité.

Un grand homme ne demeure pas toujours un grand homme, ni un événement un grand événement. Certain jour arrive où les forces que cet homme ou cet événement représentait à notre imagination, et par lesquelles il dominait notre existence, sont épuisées, de telle sorte que sa domination et son prestige cessent d’être réels. Dans l’ordre des faits, dans l’ordre intellectuel aussi, la Révolution française a cessé de nous faire sentir son impulsion, et, pareille à ces vieux héros polonais qui, après avoir étonné le pan-slavisme, ne furent plus, en changeant de milieu, que des majors de table d’hôte, elle doit se contenter d’occuper la place d’honneur dans les toasts des comices agricoles.

(Maurice Barbès)

Major de tête

France, 1907 : Élève de l’École polytechnique classé avec le numéro 1.

Majoritard

France, 1907 : Membre de la majorité de la Chambre. Individu qui se met toujours du côté du nombre, et, quand on tient le balai, du côté du manche.

Le czar Nicolas II, souverain maître de la Russie, vient de reconnaitre dans un ukase « le triste sort de ceux qui, plongés dans la misère, cherchent vainement un asile et un travail » ; ce maître après Dieu pense qu’il est urgent de venir en aide à des malheureux en leur procurant du travail. De telles réflexions devraient faire rougir de honte (s’ils pouvaient rougir !) nos gouvernants, ministres et députés majoritards, trop occupés à entretenir leur graisse pour se préoccuper de ceux qui meurent de faim, faute de trouver de l’ouvrage.

(Alphonse Argence, Le Monde nouveau, octobre 1895)

Majors

Rigaud, 1881 : Premiers élèves reçus à l’École Polytechnique. — Major de queue, dernier élève reçu à l’École.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique