France, 1907 : L’échafaud, la guillotine, autrefois la potence. Maintenant que l’échafaud est au ras du sol, cette expression n’est plus usitée. Les périphrases pour désigner l’acte de tuer légalement, ce qui ne veut pas dire avec justice, son semblable, sont nombreuses : au XIIIe siècle, en parlant d’une condamnation à la potence, on disait mettre à la bise ; au XIVe et au XVe, vendanger à l’échelle, avoir collet rouge, croitre d’un demi-pied, faire la longue lettre, tomber du haut mal, puis plus tard : servir de bouchon, faire le saut, donner un soufflet à une potence, donner le moine par le cou, approcher du ciel à reculons, danser un branle en l’air, gigoter dans l’espace, avoir le chanterelle au cou, faire le guet à Montfaucon, faire le guet au clair de la lune, être branché, bénir des pieds, danser sans plancher, tirer la langue d’un demi-pied, etc., etc. ; ce qui prouve que le supplice du prochain a toujours suscité des plaisanteries. François Villon, qui, en prison au Châtelet en 1557, pour un vol commis dans le village de Rueil s’attendait d’un jour à l’autre à être pendu, plaisanta sur son sort :
Je suis François, dont ce me poise,
Né de Paris auprès Ponthoise :
Or, d’une corde d’une toise,
Saura mon col que mon col poise.
