Morgane

Morgane

Vidocq, 1837 : s. m. — Sel.

Larchey, 1865 : Sel (Vidocq). — De morganer. V. Momir.

Delvau, 1866 : s. f. Sel, — dans le même argot. Flouant de la morgane. Escroquerie commise au moyen d’un paquet de sel et d’un mal de dents supposé.

La Rue, 1894 : Sel.

France, 1907 : Sel ; du vieux francs morganer, mordre.

Il revint avec deux livres de pommes de terre.
— Tiens, dit-il, en les déposant toutes fumantes sur la table, en voilà des goujons péchés à coups de pioche dans la plaine des Sablons, ils ne sont pas frits, ceux-la.
Il se fit apporter de la morgane, et bien qu’une heure auparavant Vidocq eût fait un excellent dîner chez Martin, il tomba sur les pommes de terre et les dévora comme s’il n’eût pas mangé de deux jours.

(Mémoires de Vidocq)

Morgane, muron

Rigaud, 1881 : Sel, — dans l’ancien argot. — Muronner, saler.

Morganer

Ansiaume, 1821 : Dénoncer.

Donnes un bouquet à la gothon pour l’empêcher de morganer.

Vidocq, 1837 : v. a. — Mordre.

Clémens, 1840 / M.D., 1844 / un détenu, 1846 : Mordre.

Larchey, 1865 : Mordre (id.). — Mot de langue romane. V. Roquefort (Mordant).

Delvau, 1866 : v. a. Mordre, — dans le même argot. Signifie aussi Nuire, comme le prouvent ces deux vers de la parodie du Vieux Vagabond de Béranger, par MM. Jules Choux et Charles Martin :

Comme un coquillon qui morgane
Que n’aplatissiez-vous l’gonsier ?…

Rigaud, 1881 : Mordre, — dans le jargon des voleurs.

La Rue, 1894 / Rossignol, 1901 : Mordre.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique