Mur

Mur

d’Hautel, 1808 : Les gens du gros mur. Pour dire de basse condition, de bas aloi ; des artisans, des hommes brusques, grossiers, et mal élevés.
Tirer au mur. Se passer de quelque chose, être oublié dans une distribution.
Les murs ont des oreilles. Se dit quand on parle dans un lieu où l’on pourroit être entendu.
Il tireroit de l’huile d’un mur. Se dit d’un homme rusé, adroit et artificieux, qui vient à bout de tous ses desseins, de toutes ses entreprises.
Être au pied d’un mur sans échelle. Manquer une entreprise, sur le succès de laquelle on comptoit, faute de ne s’être pas pourvu de toutes les choses nécessaires pour son exécution.
Mettre quelqu’un au pied du mur. Le mettre dans l’impossibilité de reculer, le pousser à bout.

France, 1907 : Compère de voleur à la tire. Il sert à cacher ses opérations.

Mur (être mur)

anon., 1907 : Être ivre.

Mur guilloutet

France, 1907 : Mur de la vie privée, appelé ainsi du marquis Louis-Adhémar de Guilloutet, député au Corps législatif pour les Landes et qui, vers 1863, fit voter une loi interdisant toute enquête dans la vie privée.

Ne vous imaginez pas que je gâche ici du plâtre pour rebâtir le mur de la vie privée avec les moellons écroulés de la loi Guilloutet. Je comprends très bien qu’un homme public a quelquefois pour devoir — et pour intérêt — de montrer en plein jour les plus intimes détails de son existence. Néanmoins, laissez-moi rire en songeant au spectacle bouffon qui nous est promis — que sait-on ? pour bientôt peut-être — lorsque nous jouirons d’un gouvernement socialiste ayant établi l’égalité des salaires et sous lequel le ministre de l’intérieur ne touchera que cinq sous par jour, comme les camarades.

(François Coppée)

Muraille (battre la)

France, 1907 : Être ivre, décrire des zigzags qui vous jettent d’un mur à l’autre.

Et plus pleins que des futailles,
Des rues battant les murailles,
Escortés de cent canailles,
Ils rentrèrent à la maison.

(Piron)

Murer

Rigaud, 1881 : Battre, porter des coups. — Je te vas murer.

La Rue, 1894 : Assommer, tuer. Se murer, se battre.

Rossignol, 1901 : Frapper quelqu’un c’est le murer.

France, 1907 : Frapper ; littéralement accoler au mur.

— J’avais rencontré J., dit-elle. C’est mon pays. Il m’offrit un verre de vin. J’acceptai, naturellement. Il me pria de lui servir de nourrice et de venir chez lui. Là, il commença à m’embrasser. Ma foi, comme pour le verre de vin, il n’y avait pas de refus. Il ne me déplaisait pas, cet homme. Il voulut même m’habiller avec une chemise de sa femme. Mais voici qu’il me propose des choses que je ne pouvais accepter, et qu’il me menace de me murer si je dis un mot.
Alors, je me suis défendue. Il y avait sur la table, à ma portée, un litre vide. Je m’en empare et le lui ai cassé sur la tête. Voilà toute l’affaire. Vous pensez, mon président, que je n’avais que ce moyen de protéger ma vertu.

(Gazette des Tribunaux)

Mures

Rossignol, 1901 : Coups.

Murette

Delvau, 1866 : s. f. La giroflée des murailles, — dans l’argot des paysans des environs de Paris.

France, 1907 : Giroflée des murailles ; argot des paysans des environs de Paris.

Murgériforme

France, 1907 : Style à la Murger.

On va me trouver, j’en ai peur, bien murgériforme et un peu « pauldekockniste ». Pour le moment, on ne s’intéresse plus qu’aux dames pâles d’Ibsen, sans cœur ni sexe, qui lâchent leur mari et leurs enfants sans qu’on sache au juste pourquoi, parce qu’elles ont du vague à l’âme et que tout n’est pas pour le mieux sur ce globe. Moi, je veux bien ; mais je n’ai d’émotion vraie que devant les choses moins compliquées.

(François Coppée)

Murgérisme

Delvau, 1866 : s. m. Littérature mal portante, marmiteuse, pleurarde ; affectation de sensibilité ; exagération du style et de la manière d’Henry Murger, — dont les imitateurs n’imitent naturellement que les défauts.

France, 1907 : Imitation de Murger.

Murgériste

Delvau, 1866 : s. et adj. Qui appartient à l’école de Murger, qui en a les défauts sans en avoir les qualités.

Muron

Halbert, 1849 : Sel.

Delvau, 1866 : s. m. Sel, — dans l’argot des voleurs.

Virmaître, 1894 : Sel. Muronnière : la salière (Argot des voleurs).

Hayard, 1907 : Sel.

France, 1907 : Sel. Vieux mot.

Muronner

Halbert, 1849 : Saler.

Delvau, 1866 : v. a. Saler.

France, 1907 : Saler.

Muronnier

Halbert, 1849 : Saunier.

Delvau, 1866 : s. m. Saunier.

France, 1907 : Saunier.

Muronnière

Halbert, 1849 : Salière.

Delvau, 1866 : s. f. Salière.

France, 1907 : Salière.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique