Fustier, 1889 : Dans le langage des ouvriers, atelier net, atelier que des ouvriers mettent en interdit et où ils défendent à leurs camarades d’aller travailler.
Net
Net
Net (atelier)
France, 1907 : Atelier mis à l’index par les ouvriers qui empêchent leurs camarades d’aller y travailler.
Net comme torchette
Delvau, 1866 : adj. Se dit, — dans l’argot du peuple, — des choses ou des gens excessivement propres.
France, 1907 : Chose excessivement propre ; argot populaire ; en quoi l’argot populaire fait erreur. Net comme torchette est une corruption de net comme torchon, qui s’employait dans un sens ironique pour désigner une chose très sale, comme l’est souvent un torchon. On en trouve un exemple, cité par Charles Nisard, dans la Nouvelle Fabrique des excellents traits de vérité de Philippe d’Alerippe :
« Je ne souhaiteray autre chose sinon que je souhaite que nostre veau guarisse des dartres tous ceux qui luy mettront le doigt au trou du cu… Ce qui advint, comme depuis on l’a vue par expérience de plusieurs ayant des dartres, eux retourner dudit veau, après avoir fiché leur doigt au trou du cu, clairs et nets comme torchons. »
C’était elle qui le faisait vivre, qui le soignait tendrement, qui l’établissait, chaque matin, dans son fauteuil, avec du linge blanc, net comme torchette, et qui entretenait chez lui l’illusion d’être un bourgeois, un homme établi.
(François Coppée)
Net comme un denier
France, 1907 : Non pas pour dire que le denier soit fort net, car au contraire, comme il passe par les mains de toutes sortes de gens, il est sale d’ordinaire, mais cela s’entend d’un compte clair, limpide et exact.
On emploie cette expression figurativement :
C’est la parfaite Deiopée,
Un vrai visage de poupée :
Au reste on ne le peut nier,
Elle est nette comme un denier ;
Sa bouche sent la violette
Et point du tout la ciboulette.
(Scarron, Virgile travesti)
Nettoyage
France, 1907 : Perte de tout son argent au jeu ou ailleurs.
Nettoyante
M.D., 1844 : Une brosse.
Nettoyé
La Rue, 1894 : Jugé, perdu sans ressources. Volé. Ruiné.
Virmaître, 1894 : N’avoir plus rien, être absolument à sec. Nettoyé, être à l’agonie, se sentir mourir.
— Le médecin m’a dit que j’étais nettoyé (Argot du peuple).
Rossignol, 1901 : Être bien malade près de la mort. Nettoyé veut aussi dire : ne plus rien posséder.
Nettoyé (être)
France, 1907 : Mourir.
Je ne m’attardai pas à imiter la femme de Loth. Au contraire, je me mis à marcher avec la plus grande rapidité, afin de me réchauffer, redoutant, après avoir échappé aux Versaillais, à la noyade et aux balles, d’attraper une bonne fluxion de poitrine, qui m’aurait tout aussi bien nettoyé.
(Sutter-Laumann, Histoire d’un Trente sous)
Nettoyer
d’Hautel, 1808 : Nettoyer un homme sans vergette. Le rosser, le battre avec un bâton ; le maltraiter, l’étriller d’importance.
M.D., 1844 : Donner une roulée.
un détenu, 1846 : Voler de fond en comble, dévaliser quelqu’un.
Halbert, 1849 : Voler ou achever quelqu’un.
Larchey, 1865 : Ruiner, voler. V. Lavage.
Delvau, 1866 : v. a. Voler ; ruiner, gagner au jeu ; dépenser ; battre, et même tuer, — dans l’argot des faubouriens. Se faire nettoyer. Perdre au jeu ; se laisser voler, battre ou tuer.
Rigaud, 1881 : Battre, renverser à coups de poing. Prendre de force la place de quelqu’un, le chasser d’un endroit. — Ruiner. Nettoyer un établissement, faire faire faillite à son propriétaire. Nettoyer la monnaie, manger l’argent de la paye, — dans le jargon des ouvriers. — Nettoyer les plats, ne rien laisser dans les plats. — Nettoyer ses écuries, se curer le nez.
La Rue, 1894 : Voler. Ruiner. Gagner au jeu. Dépenser. Battre. Tuer.
France, 1907 : Dépenser, dissiper.
— De la jolie fripouille, les ouvriers ! Toujours en noce… se fichant de l’ouvrage, vous lâchant au beau milieu d’une commande, reparaissant quand leur monnaie est nettoyée.
(Émile Zola, L’Assommoir)
France, 1907 : Vider, rendre net. Nettoyer une poche, voler tout ce qu’elle contient ; nettoyer un plat, manger entièrement ce qui y était servi. Faire plat net.
Nettoyer les lucarnes
Fustier, 1889 : Dessiller les yeux.
Ô Mentor, vous me nettoyez les lucarnes, s’écria Idoménée.
(Les mistouf’s de Télémaque)
France, 1907 : Désiller les yeux de quelqu’un ; lui faire voir ce qu’il ne soupçonnait pas.
La petite soubrette fit tant qu’elle nettoya les lucarnes du baron et lui fit voir clair comme le jour qu’il était archi-cocu.
(Les Propos du Commandeur)
Nettoyer un bocart
Fustier, 1889 / France, 1907 : Piller une maison.
Nettoyer un plat
Delvau, 1866 : v. a. Manger ce qu’il contient, — dans l’argot du peuple. On dit aussi Torcher un plat.
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