d’Hautel, 1808 : Assemblage de bois ou de fer qui tourne sur des gonds ; que l’on ouvre trop souvent aux importuns, et que l’on ferme trop facilement à la détresse et à la pauvreté.
Prendre le chemin de la porte. S’esquiver, s’échapper, fuir à bas bruit.
Il faut une porte ouverte ou fermée. Pour dire il faut se déterminer à quelque chose, prendre un parti quelconque.
Porte de derrière. Subterfuge, faux fuyant.
Il a écouté aux portes. Se dit par ironie de quelqu’un qui a mal entendu, mal compris ce qu’on lui a dit.
Enfoncer une porte ouverte. Faire de grands efforts, pour venir à bout d’une chose qui n’offre aucun obstacle.
Agréable comme la porte d’une prison. Se dit d’une personne brusque et rebutante, que l’on ne peut aborder.
Il va de porte en porte comme le pourceau de Saint-Antoine. Se dit d’un parasite, d’un écornifleur, d’un homme qui vit d’aumône.
Porte
Porte
Porte à charbiquion
France, 1907 : Porter quelqu’un sur son dos, bras par-dessus les épaules et jambes de chaque côté des hanches ; patois du Centre.
Porte bien (qui se)
Rigaud, 1881 : Vigoureux, bien appliqué. — Donner un soufflet, un coup de pied qui se porte bien.
Porte de prison
Larchey, 1865 : Personne revêche.
(1808, d’Hautel)
France, 1907 : Personne maussade, revêche.
Porté sur l’article
Rigaud, 1881 : Amateur du beau sexe. Mot à mot : porté sur l’article femme.
Porté sur la bagatelle (être)
France, 1907 : Avoir des dispositions amoureuses.
La petite Marie venait me voir. Elle devait me trouver froid à son égard, car, fatigué par tant de secousses, j’étais peu porté sur la bagatelle.
(Léon Daudet, Les Morticoles)
Porté sur la liste des élèves morts
Rigaud, 1881 : Porté malade, — dans le jargon du régiment.
Porté sur la minette (être)
Delvau, 1864 : Aimer à gamahucher les femmes, à se faire le chien de ces chattes.
Ce derrière n’est pas l’idéal que rêva
Mon gendre, lequel est portè sur la minette.
(A. Glatigny)
Porté sur sa bouche (être)
Delvau, 1866 : Ne songer qu’à boire et à manger plutôt qu’à travailler, — dans l’argot des bourgeois. Le peuple — sans connaître le gulæ parens d’Horace — dit : Être porté sur sa gueule.
Porte-aumuche
La Rue, 1894 : Savetier.
France, 1907 : Savetier, cordonnier. Allusion à la rondelle de cuir que les compagnons cordonniers portaient sur leur tablier et qui offrait quelque ressemblance avec l’aumusse des prêtres.
Porte-balle
Rigaud, 1881 / France, 1907 : Bossu.
Porte-bancal
Merlin, 1888 : Dragon ou artilleur.
Porte-bonheur
Virmaître, 1894 : Le cabriolet que les agents passent aux poignets des prisonniers. Allusion de forme (Argot des voleurs). N.
Porte-bottes
France, 1907 : Cavalier.
Les jours du porte-bottes sont si bien remplis qu’ils semblent s’écouler avec une rapidité dont l’infanterie ne saurait se faire une idée… le cavalier a déjà deux heures de manœuvre dans le ventre que l’homme de pied est encore au lit. Il s’agit de l’été. L’hiver, c’est à l’écurie que le porte-bottes précède de beaucoup le réveil de ses bons voisins les guêtrés.
(C. Dubois de Gennes, Le Troupier à cheval)
Porte-braise
France, 1907 : Porte-monnaie ; argot populaire.
Avant la loi des huit heures on a voté d’autres lois sur le travail : y a une loi sur le travail des enfants et des femmes — diras-tu qu’elle est appliquée ?… Et pourquoi ne l’est-elle pas ? Parce que c’est pas l’intérêt des grosses légumes. Pour empêcher les patrons de faire turbiner les gosses et les femmes, y a des floppées d’inspecteurs et d’inspectrices.
Qu’est-ce qu’ils inspectent ? Le porte-braise des singes… Vois-tu, avec de la galette, on les fait taire.
(Le Père Peinard)
Porte-casquette
France, 1907 : Souteneur, dénommé ainsi à cause de la casquette à haute forme, dite à trois ponts, adoptée par cet industriel.
Porte-chance
Delvau, 1866 : s. m. Le stercus humain, — dans l’argot du peuple, chez qui il est de tradition, depuis un temps immémorial, que marcher là dedans est un signe d’argent et porte bonheur.
Porte-coton
France, 1907 : Fonctionnaire imaginaire attaché aux soins de propreté du derrière d’un haut fonctionnaire ; autrement dit, lèche-cul. Le porte-coton était autrefois, dans les maisons royales, le préposé aux latrines.
— Monsieur veut rire, dit-il d’un ton gouailleur, quand il parle de me faire paumer… D’abord je n’ai rien fait !… Monsieur dira qu’ça n’est pas une raison… mais Monsieur est sans doute quart d’œil ou porte-coton du ministre…
(Edmond Lepelletier)
Porte-crème
Fustier, 1889 : Vidangeur.
France, 1907 : Vidangeur ; argot des faubouriens.
Porte-effets, porte-turbin
Virmaître, 1894 : Porte-turbin est une expression heureuse ; elle désigne à merveille les épaules du coltineur (Argot des voleurs). V. Bascules. N.
Porte-faigniant
France, 1907 : Petit siège de toile soutenue par deux traverses horizontales, que les rouliers placent aux côtés de leurs charrettes pour s’asseoir en route, devant ou derrière la roue.
Porte-feuille
La Rue, 1894 : Lit.
France, 1907 : Le membre viril ; allusion à la feuille de vigne dont les statuaires pudibonds le recouvrent parfois.
Porte-lucques
Vidocq, 1837 : s. m. — Portefeuille.
Porte-luque
Delvau, 1866 : s. m. Portefeuille, — dans l’argot des voleurs. Ils disent aussi Porte-mince.
Porte-luque, porte-mince
La Rue, 1894 : Portefeuille.
Porte-lyre
Delvau, 1866 : s. m. Poète, — dans l’argot ironique des gens de lettres.
Porte-maillot
Larchey, 1865 : Figurante bonne à porter des maillots, mais incapable de jouer un rôle.
Je vous demande un peu ! une porte-maillot comme ça.
(Gavarni)
Delvau, 1866 : s. m. Figurante, — dans l’argot des coulisses.
Rigaud, 1881 : Danseuse.
France, 1907 : Figurante ; argot des théâtres.
Porte-manteau
d’Hautel, 1808 : Être attaché en un lieu, comme un porte-manteau. Pour dire, être enchaîné ; être esclave, ne pouvoir sortir ; être contraint de rester quelque part.
Dans la civilité bourgeoise, on a aussi coutume d’appeler porte-manteau, le gézier d’un chapon ou d’une volaille ; et il est d’usage de demander, en servant ces sortes de viandes à un convive, s’il veut du porte-manteau.
Delvau, 1866 : s. m. Épaules, — dans l’argot des faubouriens.
Porte-manteau (épaules en)
Rigaud, 1881 : Épaules hautes et plates.
Porte-mince
Vidocq, 1837 : s. m. — Portefeuille.
Larchey, 1865 : Portefeuille (Vidocq). — Mot à mot : porte-papier.
Rigaud, 1881 : Portefeuille.
Porte-mornifle
Virmaître, 1894 : Portemonnaie (Argot des voleurs). V. Morlingue.
France, 1907 : Porte-monnaie ; argot des voleurs.
Porte-pages
Boutmy, 1883 : s. m. Papier plié en plusieurs doubles, que l’on place sous les pages ou les paquets simplement liés, pour les transporter sans accident.
Porte-pipe
Larchey, 1865 : Bouche.
Si je lui payais la goutte, car il aime furieusement à se rincer le porte-pipe.
(Vidal, 1833)
Delvau, 1866 : s. m. Bouche, — dans le même argot [des faubouriens].
Rigaud, 1881 : La bouche, — dans le jargon du peuple. — Se rincer le porte-pipe, boire.
Anatole, qui s’était rincé le porte-pipe et qui paraissait disposé à rire.
(Huysmans, les Sœurs Vatard)
France, 1907 : Mot poli pour « gueule ».
Porte-respect
d’Hautel, 1808 : Bâton, canne, ou toute autre arme que l’on porte pour sa défense.
Porte-treffle
Vidocq, 1837 : s. — Culotie, pantalon.
Porte-trèfle
Porte-veine
France, 1907 : Cochon.
Mad’moiselle ! écoutez-moi donc !
J’voudrais vous offrir un p’tit porte-veine ;
Mad’moiselle ! écoutez-moi donc !
J’voudrais vous offrir un petit cochon.
(J. Jouy)
Portée
France, 1907 : Paquet de cartes préparées par un grec ; argot des filous au baccara.
Portefeuille
Delvau, 1866 : s. m. Lit, — dans l’argot des faubouriens, qui font allusion aux différentes épaisseurs formées par les couvertures et les draps. S’insérer dans le portefeuille. Se coucher.
Rigaud, 1881 : Lit. C’est là que l’homme serre ce qu’il a de plus précieux : sa personne. — S’insinuer, se fourrer dans le portefeuille, se coucher.
J’ souffre moins comme ça, voyez-vous, parc’que, quand j’ suis étendu dans le portefeuille, je m’ sens à tout’ minute prêt à suffoquer.
(A. Antier, L’Agrafe, act. I sc. 1 1837)
Virmaître, 1894 : Le lit.
— Je vais me fourrer dans mon portefeuille.
Allusion de forme (Argot du peuple).
Rossignol, 1901 / Hayard, 1907 / France, 1907 : Lit.
France, 1907 : Nom par lequel le voleur au chloroforme désigne la victime qu’il a choisie parce qu’il lui suppose un portefeuille bien garni.
Il monte en wagon avec le portefeuille et engage adroitement la conversation.
(Gustave Macé, Un Joli Monde)
Portefeuilles (banc des)
France, 1907 : Banc des ministres.
Voici l’homme politique, aux traits blafards, à l’allure ambiguë, plus chargé de méfaits que Cartouche, dont chaque geste fut une escroquerie. Lui aussi reconnait des victimes. Mais, comme il est ministre, elles sont heureuses de leur vieux supplice, estimant qu’il leur en saura gré. Autour de lui, comme un essaim, voltigent tous ceux qui aspirent à la politique, au banc des portefeuilles, aux chèques et à la gloire.
(Léon Daudet)
Portefeuilliste
Rigaud, 1881 : Ministre. Il a un portefeuille ministériel.
Les trois portefeuillistes, M. de Marcère surtout, ont l’air foncièrement satisfaits de leurs maroquins.
(Le Réveil, du 16 décembre 1877)
Porteiris
France, 1907 : Porteuse de poissons ou de mollusques ; idiome marseillais.
Sandrine est de la race des belles filles qui sucent des oranges devant la Tourette, en attendant le retour des tartanes, et des porteiris en casaque courte qui portent la corbeille sur la tête, tiennent les mains sur les hanches et gardent, en marchant, le beau roulis des vagues de la mer.
(Jean Lorrain)
Porter
d’Hautel, 1808 : Elle porte les culottes et son mari les jupons. Se dit d’une femme qui est plus maître à la maison que ne l’est son mari.
Chacun porte sa croix en ce monde. Pour dire chacun a ses peines, ses afflictions.
Il ne le portera pas en paradis. Se dit par menace en promettant de se venger de quelqu’un.
Porter quelqu’un sur les épaules. En être très importuné, très-fatigué, très-ennuyé.
Porter l’endosse. Endurer la peine, le dommage, le tort d’une affaire.
Ce que l’on ne peut porter, on le traîne. Se dit lorsqu’on a un travail au-dessus de ses forces, ou un fardeau que l’on ne peut porter.
France, 1907 : Bière brune anglaise. La blanche est appelée ale.
On sait qu’il existe en Angleterre, comme d’ailleurs en d’autres pays, des sociétés s’occupant du sort des repris de justice qui, leur peine achevée, rentrent dans la circulation. À certaines époques même, on leur offre des banquets arrosés de thé et de lectures bibliques. Il est probable qu’ils préfèreraient un pot de gin ou de porter, mais on ne leur donne pas le choix.
(Hector France, Lettres d’Angleterre)
Porter (en)
Larchey, 1865 : Être trompé. — Mot à mot : porter des cornes.
Dis donc, Miroux…, de quoi donc que Mme Miroux te fait porter ?
(Gavarni)
Delvau, 1866 : Être trompe par sa femme, — dans l’argot du peuple, qui fait allusion aux cornes dont la tradition orne depuis si longtemps le front des maris malheureux. En faire porter. Tromper son mari.
Rigaud, 1881 : Être trompé par sa femme ; c’est-à-dire porter des cornes, être coiffé à la manière des maris trompés. — La femme qui trompe son mari, lui en fait porter.
France, 1907 : Être cocu ; le mot cornes est sous-entendu. En faire porter, tromper son mari ; argot populaire.
Avoir un gendre ! Ah ! c’est superbe !
Quand nous irons tous à Meudon,
L’été prochain, dîner sur l’herbe,
Ça s’ra lui qui port’ra l’melon.
Ma femm’, qu’a d’l’esprit quand a’ cause,
Craint qu’Véronique ait fait le vœu
D’y fair’ porter… même autre chose !
(Émile Carré)
Porter à droite
Delvau, 1864 : Avoir l’habitude de placer son paquet à droite de l’entre-jambes dans le pantalon — au lieu de le placer à gauche, comme presque tout le monde. On prétend qu’il n’y a que les pédérastes qui portent à droite. — Il y a des pédérastes et beaucoup d’honnêtes gens pour lesquels, cette façon de porter est plus commode.
Porter à gauche
Delvau, 1864 : Avoir l’habitude de placer son membre sur le côté gauche du pantalon, — habitude normale, prétendent les tailleurs et les femmes, les deux classes d’humains qui s’occupent le plus de la position du paquet.
…À ce paquet aux dimensions fortes
Qu’on voit dans ta culotte et qu’à gauche tu portes.
(Louis Protat)
Porter à gogo
France, 1907 : Porter sur le dos ; expression du Nivernais.
Porter à la chèvre morte
France, 1907 : Sorte de jeu des villages du Centre où la personne portée, généralement une fille, est assise sur les épaules du porteur, les cuisses enlacées au cou de ce dernier.
Porter à la peau
Larchey, 1865 : Exciter le désir.
Delvau, 1866 : v. n. Provoquer à l’un des sept péchés capitaux, — dans l’argot de Breda-Street. On dit aussi Pousser à la peau.
Rigaud, 1881 : Inspirer des désirs amoureux.
La Rue, 1894 : Exciter le désir.
France, 1907 : Exciter les désirs sensuels.
Il s’échappait de l’enveloppe un de ces parfums qui portent à la peau, un parfum léger que Mme de Garlonde avait aussi sur elle, le parfum propre à la femme da monde, qu’elle adopte, qui la fait reconnaître et que l’on connait.
(Edgar Monteil, Études humaines)
Porter au moulin
France, 1907 : Porter chez le recéleur des objets volés. Le recéleur est appelé en argot meunier.
Porter beau
France, 1907 : Avoir un bel aspect, payer de mine.
En dépit de ses cinquante ans, le colonel portait beau sous son uniforme, et lorsqu’il chevauchait à la tête de ses escadrons, casque en tête et droit dans sa cuirasse, il était assurément le plus bel homme de son régiment.
(Hector France, L’Outrage)
Porter culotte
France, 1907 : Se dit d’une femme maîtresse dans son ménage et dont le mari exécute les ordres. « Que de femmes portent culotte à Paris ! »
Mad’moiselle ! Écoutez-moi donc !
Chez moi, j’vous laiss’rai porter la culotte…
Mad’moiselle ! écoutez-moi donc !
Chez moi, j’vous laiss’rai porter l’pantalon.
(Jules Jouy)
Porter gaffe
France, 1907 : Être en faction ; argot militaire.
Porter la branche de saule pleureur
France, 1907 : Rester vieille fille ; synonyme de coiffer sainte Catherine. Le saule, emblème de la tristesse et de la mélancolie, est regardé comme l’arbre de l’amour malheureux. Cette expression vient d’outre-Manche.
Porter la crosse de saint Nicolas
France, 1907 : Expression équivalente au XIIIe siècle et aux suivants, à coiffer sainte Catherine.
Porter la folle enchère
Delvau, 1866 : v. n. Payer pour les autres, — dans l’argot des bourgeois.
Porter la pâte au four pour autrui
France, 1907 : Travailler pour d’autres sans aucun profit.
Porter le béguin
Delvau, 1866 : v. a. Celui des deux époux, nouvellement mariés, qui perd le premier les couleurs de la santé, — dans l’argot du peuple, un peu trop indiscret.
Virmaître, 1894 : Pâlir, perdre sa fraîcheur. Celui des deux jeunes mariés qui est le moins robuste ou le plus gourmand, porte le béguin le premier (Argot du peuple).
Porter le deuil de sa blanchisseuse
Delvau, 1866 : v. n. Avoir une chemise sale, — dans le même argot [du peuple].
France, 1907 : Avoir du linge sale.
Porter les armes d’Orléans
France, 1907 : Être vêtu de guenilles ; allusion aux armes des ducs d’Orléans où entre le lambel ou lambeau, brisure à trois pendants, qui offrent l’aspect d’un morceau de drap déchiré.
Porter les culottes
Virmaître, 1894 : Virago qui traite son mari comme un petit garçon (Argot du peuple). V. Déculotté.
Porter sa malle
Delvau, 1866 : v. a. Être bossu. Argot des faubouriens. On dit aussi Porter son paquet.
Porter son bois (bien)
France, 1907 : Se dit d’un mari trompé qui ne se doute pas de son infortune ou qui s’en moque.
Porter son saint-crespin
France, 1907 : Porter sur soi tout son avoir. Cette expression, qui a été généralement remplacée par porter son saint-frusquin, vient de l’ancienne corporation des cordonniers. Lorsque, du temps du compagnonnage, ils faisaient leur tour de France, allant de ville en ville, ce qu’ils appellent battre la semelle, ils emportaient avec eux les instruments de leur métier, leur saint-crespin, comme ils disaient, du nom de leur patron, ancien cordonnier.
Porter un chapeau
France, 1907 : Être de la police secrète.
— Sautreuil, c’est pour te parler de ça que je t’ai arrêté. Tous ils disent que je porte un chapeau. Je vais leur donner raison. Je veux me faire bourrique.
(Hugues Le Roux)
Porter un habit de deux paroisses
France, 1907 : Servir deux maîtres, toucher de l’argent de deux partis.
Cette expression, qui n’est plus guère usitée, remonte aux anciennes coutumes provinciales où chaque paroisse était obligée de fournir au suzerain un certain nombre de pioniers tout équipés. Chaque paroisse ayant le droit d’habiller l’homme à ses couleurs et à ses armes, il s’ensuivait que lorsqu’elles étaient trop pauvres ou trop peu importantes pour équiper et habiller leur pionier, elles se joignaient à une autre pour faire les frais communs. Chacune tenant à ce que le pionier portât ses armes, on l’accoutrait d’un habillement mi-partie aux couleurs de l’une et de l’autre.
Porter une botte à une femme
Delvau, 1864 : Tirer un coup avec elle, — terme de l’escrime amoureuse.
Mais, d’ quequ’ côté qu’on vous porte une botte,
Mam’selle, ôtez donc, ôtez vot’ culotte :
Mam’zelle, ôtez donc vot’ culotte.
(Béranger)
Porter une chose en paradis (ne pas)
Delvau, 1866 : La payer avant de mourir, — dans l’argot du peuple, qui dit cela surtout à propos des mauvais tours qu’on lui a joués et dont il compte bien tirer vengeance un jour ou l’autre.
Portes (aller aux)
France, 1907 : Mendier ; expression campagnarde.
Portes (grands vents battent aux grandes)
France, 1907 : Les richesses ni les honneurs n’empêchent les soucis, au contraire.
Porteur
d’Hautel, 1808 : Porteur de mauvaises nouvelles. Alarmiste, homme qui aime à répandre de mauvais bruits.
Porteur d’eau (avoir cassé la gueule a son)
France, 1907 : Avoir ses menstrues.
Porteur de camoufle
Fustier, 1889 : Souteneur.
France, 1907 : Souteneur ; allusion à l’expression « tenir la chandelle » pour favoriser les amours d’autrui.
Porteur-d’eau
d’Hautel, 1808 : Homme qui porte de l’eau.
On dit vulgairement un porteux d’eau.
Porteuse
France, 1907 : Main ; argot des voleurs.
Porteuse de culottes
France, 1907 : Femme maîtresse à la maison.
— Venir à Larcy pour me marier ; Épouser une de ces pécores de province, ingénues hypocrites de la veille, porteuses de culottes après et sans grâce du lendemain ! C’est trop drôle !
(Harry-Alis, Petite Ville)
Portez ! Remettez !
Rigaud, 1881 : Une des expressions les plus usitées dans les régiments de cavalerie. Mot à mot : « Portez sabre ! remettez sabre ! » Exclamation intraduisible et qui se produit chaque fois que quelqu’un vient de dire une grosse bourde. Cela se prononce en élevant la voix et d’un ton sévère, comme pour le commandement. La même exclamation retentit lorsqu’un cavalier a commis une incongruité plus ou moins bruyante.
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