Rigaud, 1881 : Misérable, — dans le jargon des voleurs.
La Rue, 1894 : Misérable.
France, 1907 : Miséreux : individu qui coule son existence dans la purée.
Noël, Noël ! encore une année de tirée sans avaros pour les possédants, grâce à leurs fermes soutiens : le prêtre, le soldat et le bourreau, ces trois angles aigus du triangle social ! Les ventrus de toutes les religions doivent en effet un beau cierge au purotin Jésus, et ils ne manquent pas de le célébrer à leur manière. Ce n’est pas pour rien qu’on l’appelle le Sauveur : il a en effet sauvé la mise des richards et contribué pour sa bonne part à conserver toutes les tyrannies de la propriété, en conseillant aux pauvres de se taire, et d’attendre sans murmurer que justice leur fût rendue… dans l’autre monde. N’est-ce pas lui qui a dit : Rendez à César ce qui est à César ? En parlant ainsi, il reconnaissait tous les impôts d’argent et de sang, la domination militaire, l’esclavage des vaincus. Bien plus, il conseillait de se soumettre sans résistance et de présenter la fesse droite à celui qui les avait bottés sur la gauche.
(Le Père Peinard)
Dans les squares, les purotins
Roupillent a côté des grues ;
Tant de polices incongrues
Chassent les gueux et les trottins.
(Edmond Bourgeois)
