Rabat

Rabat

Vidocq, 1837 : s. m. — Manteau.

(Villon)

France, 1907 : Manteau ; vieux français. C’est aussi le nom qu’on donnait autrefois aux prêtres séculiers. À la suite de la bataille de Crevelt (1758) perdue par le comte de Clermont, abbé de Saint-Germain-des-Prés, l’épigramme suivante courut dans Paris :

Moitié plumet, moitié rabat,
Aussi propre à l’un comme à l’autre,
Clermont se bat comme un apôtre,
Il sert son Dieu comme il se bat.

Rabat-joie

d’Hautel, 1808 : Accident, évènement fâcheux qui vient troubler la joie, le divertissement, les plaisirs.
Un père rabat-joie. Un grondeur, un homme sévère, rébarbatif ; jaloux de la joie et du plaisir des autres.

Delvau, 1866 : s. m. Homme mélancolique ou grondeur, — dans l’argot du peuple. On dit aussi Père Rabat-joie.

Rabateux de sorgue

France, 1907 : Voleur de nuit ; argot des voleurs.

Rabateux ou doubleux de sorgue

Vidocq, 1837 : s. m. — Ancien voleur de nuit.

(Le Jargon, ou Langage de l’Argot moderne)

Rabateux, doubleur de sorgue

Rigaud, 1881 : Voleur de nuit, à l’époque où les voleurs de nuit formaient une catégorie. Aujourd’hui, ils volent de nuit et de jour, quand ils peuvent.

Rabatteur

France, 1907 : Individu qui attire les dupes dans des tripots ou qui procure des filles aux hommes et vice versa.

Dupeurs et dupés, pigeons et rabatteurs, grecs, escrocs et souteneurs de filles s’y rencontraient toutes les nuits, et, si l’un d’eux manquait un soir à l’appel, c’est qu’il était à Mazas !

(Louis Davyl, 13, rue Magloire)

Rabatteur à la sorgue

France, 1907 : Voleur qui opère la nuit.

Rabatteur de pantes

France, 1907 : Agent du service de sûreté.

Rabatteurs

Virmaître, 1894 : Individus qui font le métier de rabattre les filles pour les hommes et les hommes pour les filles. On peut lire la monographie curieuse de cette catégorie d’individus dans Trottoirs et Lupanars (Argot des souteneurs). N.

Rabatteurs à la sorgue

Virmaître, 1894 : Voleurs qui opèrent la nuit. C’est un redoublement de syllabe ; ils ne rabattent pas, ils s’abattent sur les maisons à dévaliser. Les rabatteurs sont les complices qui nourrissent le poupard (Argot des voleurs).

Rabatteuse

Rigaud, 1881 : Entremetteuse. Elle va à la chasse pour le compte de la débauche et rabat le gibier humain.

Fustier, 1889 : Petite voiture qui va chercher des voyageurs dans les communes avoisinant Paris.

France, 1907 : Coche qui fait le service entre certaines localités de la banlieue.

France, 1907 : Entremetteuse.

Rabattre

d’Hautel, 1808 : Il faut en rabattre la moitié, et disputer sur le reste. Se dit d’un mémoire exagéré, ou d’un marché dont le prix est onéreux.
J’en rabats de moitié sur son compte. Pour, il a perdu une partie de l’estime que j’avois pour lui.

Clémens, 1840 : Retourner, descendre.

France, 1907 : Retourner ; argot des voleurs.

— C’est égal, t’as beau en coquer, tu rabattras au pré.

(Mémoires de Vidocq)

Rabattre à Loustot

Clémens, 1840 : Revenir.

Rabattre au pieu

Clémens, 1840 : Aller se coucher.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique