d’Hautel, 1808 : Il m’a rendu cela comme un lavement ou un remède. Se dit par raillerie d’une personne qui rend une honnêteté aussitôt qu’elle l’a reçue ; qui débite sans grace quelques complimens ; ou qui rend ce qu’il avoit emprunté sans avoir pris le temps de s’en servir.
C’est un homme qui a bon cœur, il ne rend rien ; ou, Quant il emprunte, c’est à ne jamais rendre. Se dit d’un homme qui ne rend pas fidèlement ce qu’on lui a prêté.
Rendre les miettes. Vomir, dégobiller ; rejeter les alimens que l’on a pris avec excès.
On dit aussi dans le même sens, rendre tripes et boyaux.
C’est un prêté pour un rendu. Se dit quand on riposte habilement à quelqu’un ; qu’on lui a joué un tour qui surpasse celui qu’il vous avoit joué auparavant.
Dieu vous le rende en paradis, chaud comme braise. Se dit par ironie quand un homme fait quelque mauvais souhait à un autre.
Rendre
Rendre
Rendre (se)
Delvau, 1864 : Consentir à se mettre sur le dos, à ouvrir ses cuisses et à se laisser baiser par l’homme qui en sollicite depuis plus ou moins de temps l’honneur — et le plaisir.
La comtesse nous raconta dans le plus grand détail comme quoi elle s’était rendue à Préban, et tout ce qui s’était passé entre eux.
Rendre l’âme
Virmaître, 1894 : Mourir. Rendre son âme à Dieu ou au diable. On dit aussi d’un pochard qui a le renard facile :
— Il a rendu tripes et boyaux jusqu’à son âme.
Là, il n’en meurt pas, il recommence le lendemain (Argot du peuple).
Rendre la monnaie de la pièce
France, 1907 : Prendre sa revanche ; argot populaire.
Rendre les armes à Saint-Georges
France, 1907 : Céder devant la bravoure armée. Allusion au combat que ce saint eut à soutenir contre un dragon qui désolait la Libye, et devant lequel il se présenta armé de pied en cap. Le monstre, effrayé de cet appareil guerrier, se laissa enchaîner par le cou, jugeant sans doute toute lutte impossible.
Rendre sa bûche
Delvau, 1866 : v. a. livrer une pièce au patron, — dans l’argot des tailleurs. Au figuré, Mourir, — rendre son âme au Grêle d’en haut.
France, 1907 : Rapporter au magasin un vêtement terminé ; argot des tailleurs.
Rendre sa canne au ministre
Delvau, 1866 : Mourir, — dans l’argot des troupiers, qui disent cela à propos des tambours-majors.
Rendre sa clef
Delvau, 1866 : Mourir, — dans l’argot des bohèmes.
Rendre ses comptes
France, 1907 : Vomir.
Rendre son cordon
Delvau, 1866 : Mourir, — dans l’argot des rapins, qui disent cela à propos des concierges.
Rendre son livret
Delvau, 1866 : Mourir, — dans l’argot des domestiques.
Rendre son permis de chasse
Delvau, 1866 : Mourir, — dans l’argot du peuple, qui dit cela à propos des médecins, de qui l’homme malade est le gibier naturel.
Rendre un homme heureux
Delvau, 1864 : Le faire jouir en le branlant, ou en le suçant, ou en tirant un coup avec lui.
Thémire pour me rendre heureux
Veut que de son flambeau l’Amour seul nous éclaire.
(Épigrammes)
Oh ! oh ! oh ! ah ! ah ! ah !
Rendez heureux ce monsieur-là,
La, la.
(Béranger)
Rendre une fève pour un pois
Delvau, 1866 : v. a. Riposter à un coup de langue ou à un coup de poing par un autre coup de langue plus aigu ou par un autre coup de poing plus violent. Argot du peuple. Signifie aussi : Rendre le bien pour le mal ; agir avec générosité envers des gens qui ont montré de la parcimonie.
Rendre visite à M. Du Bois
Delvau, 1866 : Aller « où le Roi va à pied », — dans l’argot des faubouriens.
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