Rif

Rif

Vidocq, 1837 : s. m. — Feu.

La Rue, 1894 : Feu. Riflaudante, flamme. Riffauder, incendier, brûler. Riffaudeur, chauffeur.

Rif (de)

Ansiaume, 1821 : De force.

Si je n’avois pas décarré de rif, j’étois marron.

Rif (du)

anon., 1907 : Feu.

Rif ou rifle

Delvau, 1866 : s. m. Feu, — dans l’argot des voleurs.

Virmaître, 1894 : Feu.
— Passe-moi un peu de rif que j’allume Joséphine (Argot du peuple).

Rif, rife

France, 1907 : Feu. Coquer le rif, mettre le feu ; argot des voleurs.

Rifauder

anon., 1827 : Brûler, cuire, chauffer.

Raban et Saint-Hilaire, 1829 : Se chauffer, brûler, cuire.

Bras-de-Fer, 1829 : Brûler, cuire, chauffer.

M.D., 1844 : Brûler.

Halbert, 1849 : Chauffer.

Rife

anon., 1827 / Bras-de-Fer, 1829 : Feu.

Riff

Ansiaume, 1821 : Feu.

Apporte-moi du riff, je veux bouffarder,

Hayard, 1907 : Feu, d’autorité.

Riffard

Bras-de-Fer, 1829 : Bourgeois.

Riffaudant

La Rue, 1894 : Cigare.

France, 1907 : Cigare ; argot des voleurs.

Riffaudant, riffondant

Rigaud, 1881 : Cigare. — Riffaudante, pipe, — dans le jargon des voleurs.

Riffaudante

Vidocq, 1837 : s. f. — Flamme.

Delvau, 1866 : s. m. Flamme.

Delvau, 1866 : s. m. Incendie.

Rigaud, 1881 : Flamme ; incendie. — Riffauder, brûler. — Riffaudeur, incendiaire.

France, 1907 : Cigarette, pipe ; flamme, incendie. Argot des voleurs.

Riffaudat

France, 1907 : Incendie ; argot des voleurs.

Riffaudate

Vidocq, 1837 : s. m. — Incendie.

Riffaude ton gaye

Halbert, 1849 : Chauffe ton cheval.

Riffauder

Ansiaume, 1821 : Brûler.

Il est gerbé à vioc pour avoir riffaudé les paturons à un messière.

Vidocq, 1837 : v. a. — Brûler, chauffer.

Clémens, 1840 : Incendier.

Larchey, 1865 : Brûler. V. Flacul. — Rifle : Feu flamme. — V. Coquer.

Je remouche au coin du rifle un sinve qui roupillait. J’ai sondé dans ses profondes.

(Vidocq)

Delvau, 1866 : v. a. Incendier, brûler.

Virmaître, 1894 : Brûler. Riffaudante : flamme. Une vieille chanson qui date au moins de cinquante ans, bien connue des voleurs, dit :

L’autre jour, fumant ma bayadaise,
Je rifflaudais, la fumant dans un coin.

Rifflauder voudrait donc dire sommeiller (Argot des voleurs).

France, 1907 : Allumer, incendier, chauffer, cuire. Riffauder la criolle, cuire la viande. Se riffauder, se chauffer. Riffauder un cheval, un chien, le fouetter.

Riffauder les paturons

Ansiaume, 1821 : Brûler les pieds.

À rifauder les paturons on va droit à la butte.

Riffauder quelqu’un

Clémens, 1840 : Chauffer les pieds.

Riffaudeur

Clémens, 1840 : Chauffeur.

Delvau, 1866 : s. m. Chauffeur.

France, 1907 : Incendiaire. Riffaudeur à perpète, le diable.

Riffaudeur à perpète

Rigaud, 1881 : Le diable.

Riffaudeurs

Vidocq, 1837 : s. m. — Chauffeurs, voleurs qui brûlaient les pieds des individus chez lesquels ils s’étaient introduits, pour les forcer à indiquer l’endroit où ils avaient caché leur argent. (Voir Suageurs.)

Riffault

France, 1907 : Pot-au-feu.

Riffe

Clémens, 1840 : Feu.

Virmaître, 1894 : Prendre de force, d’autorité.
— Il a pris une fille de riffe.
Synonyme de violer (Argot des voleurs).

Riffe (de)

Rossignol, 1901 : D’autorité.

Il ne voulait pas partager j’ai pris ma part de riffe.

France, 1907 : Violemment. Y aller de riffe, faire une chose vivement. Prendre de riffe, prendre de force.

Il empoigna la bergère, la jeta sur l’herbe et la prit de riffe.

Riffer

France, 1907 : Même sens que Riffauder.

Riffeur

France, 1907 : Même sens que Riffaudeur.

Rifflard

Delvau, 1866 : n. m. Bourgeois, — dans le même argot [du peuple].

Delvau, 1866 : s. m. Parapluie, — dans l’argot du peuple. Ce mot date de Picard et de sa Petite Ville, comédie dans laquelle il y a un personnage nommé Rifflard, qui ne marche qu’escorté d’un parapluie.

La Rue, 1894 : Bourgeois. Dupe. Parapluie. Vieux soulier.

Virmaître, 1894 : Parapluie. Le mot date de Picard et de la Petite Ville, comédie dans laquelle il y a un personnage nommé Rifflard, qui ne marche qu’escorté d’un parapluie. A. D. Au quinzième siècle, on trouve déjà ce mot employé dans des comédies ou mystères avec un sens satirique et bouffon. Rifflard, bouffard, narinard, dentard étaient des épithètes burlesques que les acteurs se renvoyaient constamment — même quand elles n’étaient pas dans leur rôle. Le personnage le plus important de la Passion, mystère d’Arnould Gresban, bachelier en théologie, qui fut joué avec un immense succès au quinzième siècle, est un berger nommé Rifflard, qui se plaint amèrement et impudemment des impôts excessifs dont le peuple était accablé. Il faudrait pouvoir citer la scène où Rifflard est amené devant un magistrat qu’il appelle Machefoin :

Comment te nomme-t-on ?
Rifflard,
Tout norry de pois et de lard.

Plus tard, le mot rifflard fut appliqué aux sergents, ainsi que nous le voyons par une charte citée par Ducange.
Picard, en appelant, dans sa comédie de la Petite Ville, un de ses personnages François Rifflard, n’a fait qu’emprunter, ce qu’ignorait sans doute Delvau, ce nom au mystère d’Arnould Gresban (Argot du peuple).

Riffle (prendre de)

Rigaud, 1881 : Prendre sans hésiter. (L. Larchey)

Riffler

Halbert, 1849 : Sévère.

Virmaître, 1894 : Veut également dire brûler. Riffler est aussi le synonyme de souffler : prendre. En ce cas, c’est une corruption de rafler (Argot du peuple).

Riffoleur

France, 1907 : Voleur à l’esbrouffe.

Riflar

M.D., 1844 : Parapluie.

Riflard

Vidocq, 1837 : s. m. — Riche.

Larchey, 1865 : Parapluie. — D’une pièce de Picard, la Petite Ville (1801), où l’acteur chargé du rôle de Riflard paraît armé d’un énorme parapluie.

Il pleuvait à verse ; elle était sous son riflard.

(Lubize)

Rigaud, 1881 : Parapluie. — D’après M. Lorédan Larchey, le nom serait dû à une pièce de Picard, la Petite Ville (1801), où l’acteur chargé du rôle de Riflard portait un énorme parapluie. Le nom de Riflard, dit M. Fr. Michel, approprié à divers personnages comiques, dans plusieurs mystères des XVe et XVIe siècles, était à lui seul une charge comique, et avait, à ce qu’il paraît, auprès du public d’alors, un succès des plus marqués.

Rigaud, 1881 : Riche. — Bourgeois, — dans l’argot des voleurs de 1830.

Rossignol, 1901 : Parapluie. On dit aussi Jaluzot.

France, 1907 : Parapluie. Ce nom devenu populaire vient d’un vaudeville de Picard, la Petite Ville, où l’un des personnages, Riflard, portait un énorme parapluie.

Lorsque je fis sa connaissance,
Il me souvient, c’était le soir ;
Elle attendait quelqu’un, je pense,
Car elle était sur le trottoir.
Le ciel était noir comm’ la suie,
Y avait d’la crotte, il tombait d’l’eau.
La p’tit’, n’ayant pas d’parapluie,
Risquait d’s’enrhumer du cerveau.
Rêvant une douce conquête,
Je m’avançai d’un air gaillard,
Disant : Acceptez, ma poulette,
Une place sous mon riflard.

(E. Héros-Keraval)

France, 1907 : Vieux soulier et, par amplification, vieux bourgeois encroûté, dénommé aussi vieille savate. Dupe. Argot faubourien.

Riflard (compagnon du)

Rigaud, 1881 : Aide-maçon. — En terme de maçon, le riflard est la pelle dont ils se servent ; d’où le surnom de compagnon du riflard.

Riflard, rifle

Rigaud, 1881 : Feu. Coquer le rifle, incendier. La jaffle est sur le riflard, la soupe est sur le feu.

Riflarde

France, 1907 : Camisole de force.

Riflardise

Rigaud, 1881 : Morgue bourgeoise, stupidité bourgeoise, bêtise prudhommesque.

La Rue, 1894 : Morgue.

France, 1907 : Bêtise.

Riflards

Rigaud, 1881 : Vieux souliers qui prennent l’eau autant qu’un parapluie.

Rifle

Halbert, 1849 : Feu.

La Rue, 1894 : Jeu.

Rossignol, 1901 : Feu.

Rifle (du)

M.D., 1844 : Du feu.

Riflé, rifleur

La Rue, 1894 : Sévère.

Rifler

Delvau, 1866 : v. a. et n. Brûler. — dans l’argot des voleurs. On dit aussi Riffauder.

Delvau, 1866 : v. a. Prendre, saisir, chiper, — dans l’argot du peuple. Signifie aussi : Passer tout près ; effleurer.

Virmaître, 1894 : Brûler (Argot du peuple).

France, 1907 : S’emparer avec dextérité d’un objet ; voler adroitement. Déformation de rafler.

Rifolard

Delvau, 1866 : adj. Amusant, rigolo.

Rigaud, 1881 : Amusant ; drôle.

La Rue, 1894 : Amusant.

France, 1907 : Amusant, pour rigolard.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique