d’Hautel, 1808 : Incongruité ; vent qui sort par la bouche avec bruit.
Du rôt de chien. Pour dire des coups de bâton.
Rot
Rot
Roter
Rigaud, 1881 : Être étonné. J’en rote, — dans l’argot du régiment.
Roter (en)
France, 1907 : Être stupéfait ; argot populaire.
Disant que les soldats n’étaient pas de la charcuterie, qu’on traitait les chiens mieux que ça ; enfin un boniment à ne pas s’y reconnaitre. La sœur en rotait.
(Georges Courteline, Les Gaités de l’escadron)
Roteur
Rigaud, 1881 : Basse-taille, basse-chantante, — dans le jargon du théâtre. — Chanter les roteurs.
France, 1907 : Basse-tailles ; basse chantante ; argot des musiciens.
Rothomago ou Thomas
Rigaud, 1881 : Petit bonhomme en bois dont se servent les diseurs de bonne aventure pour prédire l’avenir aux badauds.
On place le magot dans une carafe à moitié pleine d’eau. Suivant qu’on pose ou retire le doigt, il monte ou descend. Monsieur Rrho… Rrho… Rrho… tomago va nous dire qui vous êtes.
(J. Vallès, Le Bachelier géant)
Rothschildien
France, 1907 : Riche. Adjectif introduit récemment dans la langue, allusion à la fortune des célèbres banquiers Rothschild.
J’ai conté quelque part l’histoire de cette grande dame rothschildienne qui, désireuse de se régaler d’un simple bœuf bouilli, ne put obtenir d’aucun chef qu’on lui en servit sur sa table. Elle dut s’en faire un elle-même, dans sa chambre à coucher, la nuit, sur le feu de sa cheminée.
(Émile Bergerat)
On a fait aussi le verbe rothschilder dont se servent les meilleurs écrivains :
Le seul riche de tous les temps, sous tous les ciels, est celui qui, sa journée faite et son pain gagné, s’endort repu et las et ronfle à poings fermés. Un point, c’est tout ; il n’y en a point d’autres, et les Rothschilds rothschildants sont pauvres. Ne vous laissez jamais dire et ne croyez jamais que l’argent aide à autre chose qu’aux échanges, et que le million soit gai, heureux et libre…
(Émile Bergerat)
Rothwælsch
France, 1907 : Argot, en allemand ; corruption de Kauderwelsch, baragouin.
Rôti
d’Hautel, 1808 : Toujours du bouilli, jamais de rôti. Exclamation basse et triviale, qui marque le mécontentement, le déplaisir que l’on éprouve de rester toujours dans la même condition, de voir continuellement les mêmes objets ; de vivre avec les mêmes personnes. Voyez Bouilli.
Rôti (s’endormir sur le)
Rigaud, 1881 : Ne pas achever un ouvrage, en prendre à son aise. — Ne pas s’endormir sur le rôti, travailler avec assiduité. — Surveiller quelqu’un ou quelque chose avec soin.
France, 1907 : Agir nonchalamment.
Roti et salade
Vidocq, 1837 : Fouet et marque.
Rôtie
d’Hautel, 1808 : Faire des rôties. Manger ou boire abondamment et avec avidité.
Rotin
Vidocq, 1837 : s. m. — Sol.
(Le Jargon, ou Langage de l’Argot moderne)
Larchey, 1865 : Sou. — Diminutif de rond.
Si par hasard ils se lâchent d’un déjeuner de vingt-cinq rotins.
(Lynol)
Delvau, 1866 : s. m. Pièce de cinq centimes, sou, — dans l’argot des ouvriers. C’est sans doute une contrefaçon ironique du radis, — à cause de l’éructation.
Rigaud, 1881 : Sou. Pas un rotin dans le porte-morningue, pas un sou dans le porte-monnaie.
Six mille francs, pas un rotin de plus.
(Hennique, La Dévouée)
La Rue, 1894 : Un sou.
Virmaître, 1894 : Sou.
— Je suis à fond de cale, pas un rotin (Argot du peuple).
Hayard, 1907 : Sou.
France, 1907 : Sou. Argot populaire ; diminutif de rond.
J’entrai chez un’ couturière,
Mais, sans gagner un rotin,
J’passais la journée entière
À fair’ le métier d’trottin.
Puis, un beau jour, la patronne
M’dit : Faut quitter la maison,
J’vous r’prendrai p’t-être à l’automne,
Maint’nant c’est la mort’ saison.
(Georges Gillet)
Rôtir
d’Hautel, 1808 : Un feu à rôtir un bœuf. Feu vif, très ardent.
Rôtir le balai
Delvau, 1866 : v. a. Mener une vie obscure et misérable, — dans l’argot du peuple. Avoir rôti le balai. Se dit d’une fille qui a eu de nombreuses aventures galantes, par allusion aux chevauchées sabbatiques des sorcières.
France, 1907 : Mener une existence désordonnée.
Le jeune Gontran, après avoir rôti le balai jusqu’au manche, se décide à épouser sa cousine.
À la sortie de la mairie, la belle-mère s’adresse à son nouveau gendre :
— Eh bien ! beau neveu, c’est fini ; j’espère que vous ne ferez plus de sottises.
— C’est la dernière, chère tante et belle-maman.
(Ange Pitou)
Rotondité
d’Hautel, 1808 : Une bonne rotondité. Se dit par plaisanterie d’un homme qui a beaucoup d’embonpoint ; qui a un ventre bien conditionné, une bonne panse.
Rototo
Delvau, 1866 : s. m. Coups de bâton, de rotin, — dans l’argot des faubouriens. Coller du rototo. Battre quelqu’un.
Rototo !
Delvau, 1866 : Exclamation de refus ou de mépris.
Rotz
France, 1907 : Rôti ; argot des arts et métiers.
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