Rouen

Rouen

Halbert, 1849 : Officier de gendarmerie.

La Rue, 1894 : Officier de gendarmerie. Aller à Rouen, aller à sa perte.

France, 1907 : Officier de gendarmerie ; argot des voleurs, du vieux mot rouin, prévot.

Rouen (aller à)

Vidocq, 1837 : Se ruiner.

Rigaud, 1881 : Être sifflé, — dans le jargon des comédiens. — Courir à sa ruine. — Manquer une vente, — dans le jargon des commis de la nouveauté.

France, 1907 : Se ruiner. Jeu de mot. Faire un Rouen, manquer une vente. Argot des employés de commerce. Ces jeux de mots sont fréquents dans le peuple ; nous en avons donné quelques-uns dans aller à Niort, voici d’autres qui complètent la série :
Avoir été élevé à Asnières, être un ignorant, un âne.
Aller à Cachan,
se cacher.
Voyager en Cornouailles, être trompé par sa femme, jeu de mot sur cornes.
Aller à Dourdan,
être battu, du vieux mot dourder, battre.
Être de Lunel, être lunatique.
Envoyer à Mortaigne, envoyer à la mort, tuer.
Aller à Patras, mourir, jeu de mot sur ad patres.
Envoyer à l’abbaye de Vatan,
congédier.

Rouen (faire un)

Fustier, 1889 : Argot des commis de nouveauté. Id est faire l’article à un client qui part sans acheter ; le Rouen c’est le client.

Ça paraît vouloir s’allumer un peu, dit Hutin à Favier ; je n’ai pas de chance, il y a des jours de guignon, ma parole. Je viens encore de faire un Rouen ; cette tuile ne m’a rien acheté.

(Zola, Au bonheur des Dames)

Rouen (garçaillers de)

France, 1907 : Sobriquet donné aux Rouennais, qui passaient à tort ou à raison pour des coureurs de mauvais lieux, des guersilleurs on garçaillers. Le proverbe est vieux ; on le trouve dans les fabliaux : « Li garsilleor de Roam. » Chapelet remarque, dans ses Proverbes et dictons, qu’on dit encore en beaucoup d’endroits en Normandie, notamment à Louviers et Pont-de-l’Arche, les garçaillers, pour coureurs de garces.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique