France, 1907 : Titre que les Anglais donnent aux baronnets et qui doit toujours être suivi du prénom, sir Charles Dilke, sir Walter Scott, à l’encontre du titre lord qui précède directement le nom, lord Salisbury, lord Byron. Dans la conversation ou la correspondance, on appelle sir toute personne à qui l’on s’adresse ; ce mot signifie alors simplement Monsieur, mais il n’est jamais suivi du nom de la personne. Nos voisins se moquent beaucoup de l’ignorance de certains de nos journalistes qui, dans le compte rendu de réunions publiques, gratifient du titre de sir de simples artisans : sir Bertrand, menuisier ; sir Patachon, cordonnier.
Sir
Sir
Sirandane
France, 1907 : Rébus, devinette ; mot créole mauricien. Ainsi : « Moi connais une mamzelle qui manze ses tripes et boit son sang. — Une lampe. » Autre sirandane : « Mamzelle est là-haut sur le cimin, tout le monde qui passe embrasse sa bouce. Qui ça ? — La fontaine. »
Sirène
Delvau, 1864 : Fille publique qui cherche à attirer l’homme en chantant, — pour le faire chanter a son tour.
Sirène de la gare Saint-Lazare
France, 1907 : On appelait ainsi des prostituées faisant partie d’une bande de malfaiteurs qui, vers 1875, rôdaient autour de la gare Saint-Lazare et attiraient les voyageurs dans des coupe-gorge où ils étaient dépouillés.
Sirène de moulin (chanter comme une)
France, 1907 : Chanter comme une ânesse.
Siroco
France, 1907 : Nom donné sur les côtes de la Méditerranée à un vent violent du sud-est. C’est le même vent qui souffle dans le désert et que les Arabes appellent simoun. Siroco est une corruption de l’italien seiroco.
Les fiers petits coquelicots
Sont plus jolis qu’ils ne sont braves,
Les brises et les sirocos
Fripant leurs costumes suaves,
En feront vite des épaves.
(Maurice Vaucaire)
Sirop
Delvau, 1866 : s. m. Vin, — dans l’argot des faubouriens, qui ont l’honneur de se rencontrer avec Rabelais : « Après s’être bien antidoté l’haleine de sirop vignolat, » dit l’immortel Alcofribas Nasier. Avoir un coup de sirop de trop. Être ivre.
Rigaud, 1881 : Vin. — Un coup de sirop.
Sirop (coup de)
France, 1907 : Commencement d’ivresse.
Sirop d’alfa
Merlin, 1888 : Absinthe.
Sirop de baromètre
Rigaud, 1881 : Eau. Variante : Sirop de grenouilles.
France, 1907 : Mercure administré aux victimes de la Vénus malsaine.
Sirop de crapule
France, 1907 : Eau-de-vie.
Sirop de giberne
Merlin, 1888 : Pour sirop de Gibert.
Sirop de grenouille
France, 1907 : Eau.
… Sur ma table, en face de moi, est une bouteille de forme ordinaire. Elle est remplie d’un liquide incolore, inodore, insipide, pour parler le langage des chimistes, qui vous ferait l’effet d’être purement et simplement ce qu’une petite dame française me disait l’autre jour être appelé du sirop de grenouilles.
(Hector France, Les Mystères du Monde)
Sirop de l’aiguière
France, 1907 : Eau.
Sirop de macchabée
Virmaître, 1894 : Allusion aux gens qui se noient. Ils sirotent bien malgré eux l’eau de la rivière (Argot des voleurs).
Sirop de navet
Delvau, 1864 : Le sperme, par allusion à la forme du navet et à sa couleur.
Sans donner l’temps qu’ell’ réfléchisse,
J lui r’passe, afin qu’a s’ rafraîchisse,
D’la liqueur du nœud conjugal
Et l’ sirop d’ navet pectoral.
(Chanson anonyme moderne)
Sirop de parapluie
France, 1907 : Eau.
Sirop de vessie
France, 1907 : Urine ; argot militaire.
Or, à ce moment même, une scène bizarre se passait sous les yeux des dragons, et attirait l’attention des officiers.
Maître Bastringue, après avoir flairé curieusement le pantalon de son maître, ne s’était-il pas avisé de lever l’aileron, et d’injecter ledit vêtement de certain liquide que, dans leur langage imagé, les troupiers appellent sirop de vessie.
(Théodore Cabe)
Siroter
d’Hautel, 1808 : Gobelotter, faire débauche de vin ; grenouiller, lamper, ivrogner.
Larchey, 1865 : Boire.
Son bonheur était d’aller siroter le vin à dix de la Courtille.
(Ricard)
Delvau, 1866 : v. a. Boire plus que de raison. Signifie aussi Boire à petits coups.
Delvau, 1866 : v. n. et a. Nettoyer à fond la tête de quelqu’un, la bien peigner, friser et pommader. Argot des coiffeurs.
Rigaud, 1881 : Boire à petits coups. Savourer ce qu’on boit.
Rigaud, 1881 : Coiffer, friser et pommader avec soin, — dans le jargon des coiffeurs.
France, 1907 : Boire. Siroter une négresse, boire une bouteille de vin.
Ils étaient vieux. Ils étaient deux :
Elle, était simplement sa bonne,
Lui n’avait servi que Bellone,
Ils étaient encore amoureux.
Le vieux aimait à siroter
Et souvent, la nuit, après boire,
L’ancien ne pouvait plus chanter victoire !
(Aristide Bruant)
Siroter le bonheur
Delvau, 1866 : v. a. Être dans la lune de miel. Argot des faubouriens.
Siroteur
Delvau, 1866 : s. m. Ivrogne.
Siroteur, siroteuse
Rigaud, 1881 : Celui, celle qui boit à petits coups, qui déguste ce qu’il boit.
France, 1907 : Ivrogne, ivrognesse ; argot faubourien.
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