Sot

Sot

d’Hautel, 1808 : C’est un sot en trois lettres. Pour, il est d’une stupidité extrême.
De sot homme, sot songe. C’est-à-dire, qu’en toute occasion, un sot, qu’il dorme ou qu’il veille, est toujours sot.

Sot de Ham

France, 1907 : Ce sobriquet donné aux habitants de cette localité fait allusion à la compagnie des sots qui existait au moyen âge dans presque toutes les villes de France. C’était, on le sait, des jeunes gens qui, en se couvrant du masque de la folie, attaquaient la politique, la religion, la vie publique ou privée. On les appelait aussi Enfants sans souci et leur chef le Prince des sots. Charles VI les autorisa à représenter leurs soties, sur des échafauds élevés sur les places publiques. Louis XII se servit de leur verve pour se concilier l’opinion publique dans ses démêlés avec le pape Jules II. Tous les ordres de l’État passaient dans ces bouffonneries : sot dissolu, en costume ecclésiastique, sot glorieux, en homme d’armes, sot trompeur, en marchant ; mère sotte représentait l’Église. Ce fut François Ier, le prétendu « restaurateur des lettres », qui établit la censure théâtrale et proscrivit les soties. Ham, petite ville obscure et éloignée, conserva, sans doute, plus longtemps que les autres sa compagnie des sots, ce qui valut à ses habitants le sobriquet de sots de Ham, donné par ses voisins jaloux.

Sot-l’y-laisse

d’Hautel, 1808 : Le sot-l’y-laisse. Morceau délicat qui se trouve au-dessous du croupion d’une volaille, et que personne n’ose, par politesse, s’approprier.

Delvau, 1866 : s. m. Le croupion d’une volaille, — dans l’argot des bourgeois.

Sottise

d’Hautel, 1808 : Il est bâti comme une sottise. Se dit d’un petit homme de mauvaise tournure, contre fait.

Sottises (faire des)

Delvau, 1864 : Peloter une femme, quand on est homme ; patiner un homme, quand on est femme ; copuler.

Enfin, finalement, a’ vous été contente ! — Oui, — Il n’a pas fait d’ sottises ! — Si tu veux.

(H. Monnier)

Sotto voce

France, 1907 : À mi-voix, littéralement sous la voix, terme musical ; italianisme.

Et, en attendant qu’on frappe les trois coups, ce macaronique escadron volant minaude, papotte sotto voce, fait des effets de jupes, joue de l’éventail et jette sur le troupeau des individualités sans mandat des regards hautains qui semblent dire : C’est nous qui sont les princesses !

(Émile Blavet)


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique