Table

Table

d’Hautel, 1808 : Piquer les tables. Pour dire, faire le parasite, aller de porte en porte pour chercher à dîner.

Table (faire le tour de la)

Rigaud, 1881 : En style de gastronome, c’est manger de tous les plats qui sont servis dans un dîner.

Table (mettre les pieds sous la)

France, 1907 : Manger. Faire le tour de la table, faire honneur à chaque plat.

Table (se mettre à)

Rigaud, 1881 : Dénoncer un complice.

France, 1907 : Avouer, dénoncer ; même sens que manger le morceau. Mettre quelqu’un à table, lui donner une part de butin.

Table rase

Virmaître, 1894 : Faire un nettoyage complet dans une maison, liquider un arriéré, renouveler un personnel après avoir fait table rase (Argot du peuple).

Tableau !

France, 1907 : Coup de théâtre, surprise.

Tu ferais pas tant l’étroite à c’t’heure
Si j’t’aurais laissé t’fout’ dans l’eau…
Allons ! bon, c’est ma femm’… Tableau !

(A. Gill, La Muse à Bibi)

Tableau !

Boutmy, 1883 : Exclamation par laquelle on exprime la surprise ou la joie maligne que l’on éprouve à la vue d’un accident risible arrivé à un ou à plusieurs de ses confrères.

Tableau (vieux)

France, 1907 : Vieil homme fardé, vieille femme maquillée.

Elle m’avait paru charmante à la lumière des cierges, mais quand au matin les rayons de soleil pénétrèrent dans la chambre, je m’aperçus avec dégoût que ce n’était qu’un vieux tableau.

(Confessions de l’abbé Ledru)

Tableau d’avancement

Merlin, 1888 : Liste des hommes punis, déposée au corps de garde.

Tableau des idiots (être sur le)

Fustier, 1889 : Être pourvu d’un conseil judiciaire. Jargon des clercs de notaire. On sait que dans chaque étude se trouve à la disposition du public, un tableau ou un livre sur lequel figurent les interdits, les prodigues, tous ceux enfin qui ne jouissent pas de la plénitude de leurs droits.

Tableau-radis

Delvau, 1866 : s. m. Toile qui revient, invendue, du Salon ou de la boutique du marchand. Argot des artistes et des gens de lettres. On dit de même Livre-radis.

Virmaître, 1894 : Toile que le marchand n’a pu vendre. Quand il revient à l’atelier on dit : mon tableau-radis. On en dit autant d’un livre : un livre-radis. Allusion au radis rose ou noir qui occasionne des renvois (Argot d’atelier).

France, 1907 : Tableau longtemps exposé chez un marchand et que celui-ci retourne invendu à l’artiste ; c’est-à-dire tableau qui, aux yeux du marchand, ne vaut pas un radis. Combien de tableaux-radis ont, après la mort de l’artiste, été payés de grosses sommes !

Tableautier

Boutmy, 1883 : s. m. Compositeur qui fait spécialement les tableaux, les ouvrages à filets et à chiffres.

Tableautin

Delvau, 1866 : s. m. Tableau sans valeur.

France, 1907 : Petit tableau sans valeur.

Au lieu de s’occuper de son ménage, de son mari et de ses enfants, elle passait son temps à peinturlurer de petits tableautins que les marchands s’empressaient de lui refuser.

(René de Nancy)

Tabler

d’Hautel, 1808 : Pour compter, faire fonds sur quelque chose.
On ne sait sur quoi tabler. C’est-à-dire sur quoi compter.

Tablette

Vidocq, 1837 : s. f. — Brique, tuile.

Delvau, 1866 : s. f. Brique, — dans l’argot des voleurs.

Rigaud, 1881 / France, 1907 : Brique.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique