Tambour

Tambour

Vidocq, 1837 : s. m. — Chien.

Larchey, 1865 : Chien (Vidocq). — Allusion à son grondement.

Delvau, 1866 : s. m. Chien, — dans l’argot des voleurs. Roulement de tambour. Aboiement.

Rigaud, 1881 : Brigadier-fourrier, dans l’argot des dragons.

Rigaud, 1881 : Chien. — Battre du tambour, aboyer.

Merlin, 1888 : Brigadier fourrier.

La Rue, 1894 : Chien.

Virmaître, 1894 : Chien. Quand un étranger pénètre dans une maison, les aboiements réitérés du chien imitent le roulement du tambour. L’expression alarmiste, citée plus haut, est plus juste (Argot des voleurs).

France, 1907 : Brigadier-fourrier, Ainsi surnommé à cause des baguettes qu’il porte sur ses bras. Le maréchal des logis-fourrier possède les mêmes insignes, mais ce serait commettre une grave infraction au décorum que de l’appeler aussi tambour.

— Le tambour, vois-tu, est un mortel heureux. Et pourtant interroge-le, il te soutiendra effrontément le contraire ; il te fera des tableaux épouvantables de l’emploi de son temps, te dira qu’il n’a pas une minute à lui ; il se comparera aux serfs de la glèbe ou aux esclaves de l’antiquité, et, si peu que tu sois sensible, à l’entendre, tu ne pourras l’empêcher de gémir sur son triste sort. Cependant, la plus grande partie de ses journées se passe en courses et en promenades à cheval et le plus dur de sa besogne consiste à lancer, pendant les susdites courses et promenades, des œillades assassines à droite, à gauche, en nombre illimité, en frisant sa moustache (quand il en a) et en se rebiffant sur sa selle, fier comme Artaban. La nuit venue, il travaille, oui certes… à recueillir les bénéfices des œillades, le jour, décochées.

(Les guerriers d’à présent)

France, 1907 : Chien, à cause du bruit qu’il fait en aboyant. « Nous n’avons pas été jetés sur la terre pour vivre comme des tambours », dit Vidocq.
Roulement de tambour, aboiement.

Le tambour s’est mis à jaspiner comme je caletais, je suis tombé en frime avec la rousse, j’ai été paumé marron et pigé. Les cognes m’ont conduit chez le quart d’œil qui m’a envoyé à la Cigogne dans le panier à salade.

(Delesalle, Autobiographie d’un malfaiteur)

Traiter quelqu’un comme un tambour, le traiter brutalement, sans ménagement, comme on traite un chien. Foutre au clou comme un tambour, punir sans pitié ; expression de caserne.
Tambour est, en Béarn, le nom ordinaire donné aux chiens courants.

Tambour (crever son)

France, 1907 : Se ruiner, mourir.

Les bons conseils de la sagesse
Près de nous ont peu de succès ;
Même en dehors de la jeunesse,
Combien d’hommes par leurs excès,
Hélas ! avancent leur décès !
Quoique vieux, on veut rester crâne…
Je crois, Messieurs, sans calembour,
Qu’il faut ménager sa peau d’âne,
Pour ne pas crever son tambour.

(L. Jullien)

Tambour (f… au clou comme un)

Merlin, 1888 : Punir quelqu’un, le coller au bloc sans aucun égard, sans aucune indulgence. — V. Clique.

Tambour battant (mener)

France, 1907 : Mener rudement ; traiter à coups de baguettes comme la caisse sur laquelle le tambour bat.

Quand un mari fait bon ménage,
Que de sa femme il est l’amant,
Frauder ses droits est un outrage
Que l’on excuse rarement,
S’il va courir la pretantaine,
Ne peut-on pas en faire autant ?
Et r’li, et r’lan,
Relan tamplan, on vous le mène.
Relan tamplan, tambour battant.

(Favart)

Tambour de nature

France, 1907 : Cette expression maintenant hors d’usage s’appliquait aux parties sexuelles de la femme.

Tambour des escargots

France, 1907 : Le tonnerre. On dit en Provence tambourin des crapauds. Les escargots, comme les crapauds, sortent au moment de l’orage. Voir Tabard.

Tambouriner

Delvau, 1864 : Jouir d’une femme, en frappant son ventre à coups de cette baguette qu’on appelle le membre viril.

Ma foi, s’il te perd sous ma jupe,
Nous le feront tambouriner.

(Chanson anonyme moderne)

France, 1907 : Battre.

Il ne se passait guère de semaine qu’il ne tambourinât les côtes de sa femme.

(Confessions de l’abbé Ledru)

Tambourineur

d’Hautel, 1808 : Je ne serai pas le valet du tambourineur. C’est-à-dire, je ne ferai pas cela sans y gagner quelque chose.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique