Tampon

Tampon

un détenu, 1846 : Poing.

Larchey, 1865 : Poing.

Je lui ai envoyé un coup de tampon sur le mufle.

(Th. Gautier, 1845)

Delvau, 1866 : s. m. Poing, — dans l’argot du peuple.

La Rue, 1894 : Poing. Tamponner, rudoyer, frapper.

France, 1907 : Poing. Se flanquer des coups de tampon, se battre.

Tampon (colin-)

France, 1907 : Dupe, gogo.

Les annales de la bêtise humaine s’écrivent toutes seules. Les jours de vote, ceux qui mettent dans l’urne sont les Colin-Tampon ; ceux qui y sont mis sont les Colin-Maillard. Et puis après ? Après, ça recommence ; mais rien ne cesse de graviter autour du soleil.

(Émile Bergerat)

France, 1907 : Nous ajoutons comme document à l’article Colin-Tampon les lignes suivantes extraites de l’Écho du public :

D’après le Courrier de Vaugelas, Colin-Tampon serait une onomatopée de la batterie des tambours des Suisses. Ce mot et les règles de cette batterie se trouvent dans l’Orchésographie de Jean Tabouret, ouvrage sur la dance publié en 1589. On disait à cette époque : battre le colin-tampon, comme on dit aujourd’hui : battre le rataplan. De la batterie de tambour, ce mot passa bientôt avec un sens ironique aux soldats suisses qui jouaient de cet instrument, puis à tous les soldats suisses indistinctement, et cela surtout après la bataille de Marignan, où ils furent battus.
Ayant perdu là leur réputation de soldats invincibles et n’inspirant plus aucune crainte, chacun disait en parlant d’une chose qui lui était indifférente : Je m’en soucie comme de colin-tampon, ce que l’on a peu à peu modifié en : Je m’en moque comme de colin-tampon.
Ce mot étant une onomatopée et non un nom propre, devrait s’écrire en un seul mot et sans majuscule.

(Bellanger)

Tampon (coup de)

Rigaud, 1881 : Coup de poing.

Tamponne

France, 1907 : Nourriture, plat quelconque. On s’en tamponne l’estomac. Vieux français. Faire la tamponne, se régaler.

Le 13e a eu ses illustrations culinaires. On y parle encore d’un Provençal qui n’avait pas son pareil pour le rata au lard et aux pommes de terre ; et il est avéré que certain soir, ayant un grand dîner, le capitaine de l’escadron envoya chercher plein une soupière de cette délicieuse tamponne, pour en faire goûter à ses convives, lesquels s’en léchèrent les doigts.

(Émile Gaboriau, Le 13e hussards)

En Béarn, tamponne signifie débauche de table ; ha la tamponne, boire et manger avec excès ; tamponnaire, personne qui fait des excès de table.

Tamponner

Rigaud, 1881 : Donner un coup de poing.

Fustier, 1889 : Rudoyer.

Ah ! tu me tamponnes, s’écrie-t-il, je te reconnaîtrai à la prochaine.

(Figaro, 1880)

Virmaître, 1894 : Donner ou recevoir un coup de tampon — un coup de poing. Allusion au choc de deux trains qui se tamponnent (Argot du peuple). N.

Hayard, 1907 : Battue.

France, 1907 : Battre à coups de poing ; argot populaire.

Tamponner (se)

Delvau, 1866 : v. réfl. Se battre à coups de poing. On dit aussi Se foutre des coups de tampon.

Rossignol, 1901 : Se battre.

Tamponner le coquard, le coquillard (s’en)

France, 1907 : S’en moquer, littéralement s’en battre l’œil.

Il est intéressant aussi, en ces parisianismes, d’étudier les progrès et les transformations de la même expression durant un certain nombre d’années. Prenons, par exemple, le dicton Je m’en moque ! Un chansonnier de la Restauration, Émile Debraux, l’agrémenta dans son Fanfan la Tulipe et dit : Je m’en bats l’œil, tour de phrase qui eut un grand succès. Sous Louis-Philippe, un vaudevilliste modifia la formule en un : Je m’en fustige le cristallin qui fut très applaudi. Il y a une quinzaine d’années, fut lancée la version : Je m’en tamponne de coquillard ! On ne peut évidemment prévoir quand prendra fin cette fantaisie ; la série est inépuisable.

(Pontarmé, Le Petit Journal)

Tamponner le coquillard (se)

Fustier, 1889 : Se moquer de.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique