d’Hautel, 1808 : Tel croit être sain, qui porte la mort dans son sein. Jeu de mot dont le principal mérite est de donner un exemple homonyme.
Tel
Tel
Tel maître, tel valet
France, 1907 : Rien de plus vrai que ce dicton. On reconnait la morgue des parvenus à l’insolence de leur valetaille. « Le sujet se façonne aux humeurs de son roy, tel maistre tel valet ; selon le seigneur la mesnie est dirigée. »
(Contes d’Eutrapel, 16e siècle)
Téléautographie
France, 1907 : Télégraphie des dessins. D’après l’inventeur, un Américain, le téléautographe serait très simple : une aiguille placée à l’une des extrémités du fil suit les contours et les différentes lignes du dessin ; à l’autre bout, un papier spécialement préparé en reçoit fidèlement l’empreinte.
Les portraits et croquis téléautographiques diffèrent des autres : les traits ne sont pas constitués par des lignes, mais par des hachures aussi fines et resserrées que les lignes des plaques de miméographes.
(Juillet 1898)
Télégonie
France, 1907 : « — La télégonie, c’est, en deux mots, une espèce d’influence que, dans le mariage, un premier époux pourra avoir sur la progéniture d’un second. On a bien cité quelques cas dans l’espèce humaine, mais c’est chez les bêtes qu’on en rencontre le plus : et l’on dit qu’il y a télégonie quand une chienne épagneule, comme la vôtre, qui a convolé en premières noces avec un danois, suivant l’exemple présent, donne à son second époux, épagneul comme elle, des petits chez lesquels on retrouve des caractères évidents du danois.
— Alors, une femme blanche, veuve d’un nègre, ayant eu des enfants de lui, puis remariée à un pierrot ou à un farinier, pourrait, par les soins de ce dernier époux, mettre au monde de petits négrillons ?
— Absolument, ça s’est vu, répondit le docteur. »
(Maurice Montégut, La Fraude)
Télégraphe
La Rue, 1894 : Signes convenus entre malfaiteurs. Signes entre grecs pour indiquer le jeu de l’adversaire.
Télégraphe (faire le)
Fustier, 1889 : « À cette énumération il faut ajouter le truc du télégraphe qui s’emploie pour tous les jeux de cartes. Faire le télégraphe, envoyer le duss ou le sert (V. Delvau, Sert), c’est faire connaître au complice qui tient les cartes, le jeu de la victime derrière laquelle on se tient à cet effet en paraissant prendre un grand intérêt à sa partie. »
(Henri IV, 1881)
France, 1907 : Se tenir derrière un joueur de façon à voir son jeu et renseigner par signes son partenaire ; argot des joueurs. Se dit aussi de celui qui fait le télégraphe.
Si t’as un rupin télégraphe,
File de riff’ et sans le taffe.
(Hogier-Grison, Maximes des tricheurs)
Télégraphe sous-marin
Rigaud, 1881 : Langage des pieds en omnibus, au théâtre, à table.
Télégraphe sous-marin (faire le)
France, 1907 : Se dit des amoureux qui se pressent tendrement les pieds sous la table.
J’étais en train d’essayer de lui faire ce qu’on appelle le télégraphe sous-marin, mais le malheur veut qu’au lieu de prendre son pied je presse amoureusement celui de sa mère.
(Confessions de l’abbé Ledru)
Télépathie
France, 1907 : Communication de la pensée à distance.
Est-ce que vous croyez ce qu’on dit au sujet de ces phénomènes étranges ? La télépathie — oh ! le vilain mot — vous intéresse-t-elle ? Ou bien pensez-vous que l’influence d’âme à âme soit plus puissante à mesure que la distance entre les corps diminue ?
(Fernand Lafargue, Baiser perdu)
Telum imbelle sine ictu
France, 1907 : Trait impuissant et sans force ; locution latine tirée de l’Énéide de Virgile.
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