France, 1907 : An bon vieux temps. Allusion aux romans carlovingiens où lu reine Berthe est représentée filant. C’est cette Berthe, l’héroïne d’un poème d’Adenez (XIIIe siècle), que l’on retrouve dans la délicieuse ballade de François Villon :
Dictes-moy où, n’en quel pays
Est Fiora, la belle Romaine,
…
La royne Blanche comme ung lys
Qui chantoit à voix de sereine ;
Berthe au grand pied, Bietris, Allys…
Et Jehanne, la bonne Lorraine,
Qu’Anglois bruslèrent à Rouen ;
Ou sont-ilz, Vierge souveraine ?…
Mais où sont les neiges d’antan !
Il est d’autres versions. Leduchat prétend que cette Berthe était reine de Bourgogne, Bullet, dans ses dissertations sur la Mythologie Française, que c’est la veuve du comte de Blois, première femme du roi Robert, que Grégoire obligea de quitter son second mari. Elle est représentée avec un pied d’oie au portail de plusieurs cathédrales. Quoi qu’il en soit, ce proverbe fait simplement allusion à la simplicité des temps reculés, où les reines filaient et où les rois épousaient des bergères.
La grande Berthe jusqu’a soixante ans attacha à son char de nombreux amants français et italiens. Pendant qu’elle régna en Toscane, la grande Berthe bouleversa la Péninsule au gré de ses caprices… Elle tenait par ses galanteries les plus puissants personnages. Quand sa conduite avait blessé un prince, elle le désarmait par sa beauté et ses grâces faciles. Par une incroyable bizarrerie, le règne de cette Messaline diplomate fut désigné comme le bon vieux temps : Au temps que Berthe filait ; les Italiens disent : Al tempo che Berta filava.
(Benjamin Gastineau, Les Courtisanes de l’Église)
