Tourner casaque

Tourner casaque

France, 1907 : Abandonner son parti passer à l’ennemi, trahir.
Le duc de Savoie Charles-Emmanuel, dit le Grand, prenait pendant les guerres de la France et de l’Espagne sous le règne de Henri IV, tantôt le parti de l’une, tantôt celui de l’autre. Il avait un justaucorps ou casaque d’un côté blanc, de l’autre rouge. Quand il combattait avec la France, il mettait le côté blanc, avec l’Espagne le côté rouge. Ce prince peu fidèle dans ses amitiés était bossu, et comme il possédait le Piémont, pays montagneux, on fit sur lui le quatrain suivant :

Si le bossu mal à propos
Quitte la France pour l’Espagne,
On lui laissera de montagne
Que celle qu’il a sur le dos.

Profitant des troubles religieux de la France, il s’empara du marquisat de Saluces et reçut des ligueurs le titre de comte de Provence (1590). Henri IV, après une invasion en Savoie et en Piémont, le força de lui céder en échange de l’inutile marquisat la Bresse, le Bugey, le Valromey, le pays de Gex, c’est-à-dire tout le territoire de Lyon à Genève.
L’habitude de tourner la casaque était du reste celle de tous les déserteurs d’alors. On dit encore pour exprimer la versatilité politique ou la trahison : Vive le roi ! Vive la Ligue ! allusions aux guerres civiles de la Ligue sous Henri III et Henri IV, où nombre de gens passaient du côté du roi pour revenir aux ligueurs et vice versa.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique