Tranche

Tranche

Virmaître, 1894 : Le visage. Tranche est aussi un terme d’amitié et de familiarité :
— Tiens, comment vas-tu, ma vieille tranche ? (Argot du peuple). N.

Tranche (en avoir une)

Fustier, 1889 : Être inintelligent.

France, 1907 : Être sot : littéralement, avoir une tranche de bêtise.

Tranche (s’en payer une)

France, 1907 : S’amuser, synonyme de se faire une pinte de bon sang.

Quand mon meg n’est pas là,
Tralala, tralala, lala,
Alors moi, j’entre en danse,
Et comm’ j’m’en paye une tranche !
Tralala lala…

(Jules Jouy)

Se dit aussi pour s’offrir les charmes d’une femme.

Dès que je la vis trottinant nez au vent, l’œil malin et la bouche rieuse, avec ses hanches captivantes et son corsage rembourré de chair jeune et fraîche, je me dis : Faudra, mon vieux colon, que tu te payes une tranche de ce trognon-là.

(Hector France, Les Joyeusetés du régiment)

Tranche (souper de sa)

France, 1907 : En être fatigué.

Tranche ardant

Vidocq, 1837 : s. f. — Mouchette.

Tranche ardent

Delvau, 1866 : s. m. Mouchettes, — dans l’argot des voleurs, qui ont emprunté cette expression aux Précieuses.

Tranche de fromage de Brie

Rossignol, 1901 : Nez long.

Tranche de gélatine

France, 1907 : Oreille.

Tranche-ardants

Rigaud, 1881 : Mouchettes.

Tranche-ardent

France, 1907 : Mouchettes.

Tranche-fromage

Rigaud, 1881 : Sabre-baïonnette, — dans le jargon des troupiers.

France, 1907 : Sabre-baïonnette.

Tranche-lard

d’Hautel, 1808 : Au propre, grand couteau qui a la lame très-affilée, et dont les traiteurs se servent pour couper des tranches de lard ; et par une extension burlesque, cimetère, coutelas, couteau ordinaire.
Trancher le mot. Répondre d’une manière décisive et ferme, ne pas aller par quatre chemins.

Virmaître, 1894 : Couteau. Allusion au couteau du charcutier. On dit aussi : un vingt-deux (Argot du peuple).

Trancher de l’éléphant

France, 1907 : Se donner des airs importants. Cette expression n’est plus guère usitée, on la trouve dans une poésie de 1649, envoyée à la reine régente :

Il estoit encore jeune enfant
Qu’il tranchoit de son éléfant.

Trancher le nœud gordien

France, 1907 : Se tirer brutalement d’un embarras, trancher une difficulté d’une façon violente, inattendue et sans la résoudre. Gordias, roi de Phrygie, père de Midas, l’homme aux oreilles d’âne, avait un char dont le joug était attaché au timon par un nœud d’écorce de cornouiller, si habilement entrelacé, que nul ne pouvait le délier. Char et nœud étaient consacrés à Jupiter et un oracle promettait l’empire de l’Asie à celui qui déferait le nœud. Alexandre s’étant emparé de la capitale de Gordias, voulut voir le fameux chariot et essaya de dénouer le nœud fantastique. Il ne put en venir à bout et, furieux de ses vains efforts, il le trancha d’un coup d’épée : « Il n’importe comme on le dénoue », s’écria-t-il, et l’oracle se trouva accompli.

Trancheur

France, 1907 : Voleur qui coupe, tranche la vitre de l’appartement où il veut pénétrer en retenant le carreau, coupé à l’aide d’une boule de poix ou de mastic, de façon qu’il ne tombe pas.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique