Trompe

Trompe

Delvau, 1866 : s. f. Nez, — dans l’argot des faubouriens, qui prennent l’homme pour un proboscidien.

La Rue, 1894 : Nez. Avocat.

France, 1907 : Nez.

France, 1907 : Avocat.

Trompe-chasse

Vidocq, 1837 : s. m. — Art.

Larchey, 1865 : Art (Vidocq). — L’art trompe l’œil.

Trompe-chasses

Delvau, 1866 : s. m. Peinture, tableau quelconque, — dans l’argot des voleurs.

Trompe-châsses

France, 1907 : Tableau, objet artistique ; il trompe l’œil.

Trompe-l’œil

Delvau, 1866 : s. m. Accessoire d’un tableau, tel que clou, déchirure, etc., si bien peint, qu’on le croirait naturel. Argot des artistes.

France, 1907 : Décoration quelconque, croix ou ruban.

Trompe-la-mort

Virmaître, 1894 : Individu condamné par les médecins, qui n’en meurt pas plus vite pour cela.
— Il trompe la mort qui le guette.
On dit également :
— Il a repris du poil de la bête.
Cette expression ; trompe la mort, date de 1848.
Un ouvrier forgeron, arrêté sur une barricade, lors de l’insurrection de Juin, fut conduit, avec un groupe de combattants, à la tombée de la nuit, au Champ de Mars, où se faisaient en masse les exécutions sommaires. On fusillait les malheureux rang par rang.
Il était au second rang ; par une présence d’esprit incroyable, à ce moment suprême, il tomba en même temps que le premier rang ; on n’y lit pas attention.
Vers onze heures du soir, l’exécution terminée, des tombereaux vinrent enlever les cadavres pour les transporter au cimetière Montmartre et les jeter dans la fosse commune.
On ne les recouvrait pas de terre, afin que les familles puissent les reconnaître le lendemain.
L’ouvrier avait eu la malchance d’être jeté au fond du tombereau ; il était inondé du sang qui coulait sur lui.
Pendant le trajet, après des efforts inouïs, il parvint à se hisser au-dessus des cadavres ; il sauta à bas de la lugubre voiture sans être aperçu, et alla se cacher chez un ami.
Le calme revenu, il rentra à l’atelier. Stupéfaction générale. Les camarades, qui connaissaient l’aventure, lui crièrent :
— Tiens ! voilà Trompe la mort.
Il l’avait rudement trompée, car il ne mourut qu’en 1888, à l’âge de quatre-vingts ans.
Trompe la mort (Argot du peuple).

Tromper

d’Hautel, 1808 : On peut se tromper sans boire. Se dit pour excuser une erreur, une bévue que l’on a faite.
Il tromperoit son père. Se dit d’un homme très-exercé dans l’art de la fourberie, d’un marchand subtil et fripon.

Tromper d’endroit (se)

Delvau, 1864 : Enculer une femme, au lieu de la baiser, — ce qui peut arriver, la nuit surtout, au plus honnête homme.

Comm’ c’est chaud ! comm’ c’est étroit !
Tiens ! je m’suis trompé d’endroit !
J’ai fait un’ fameus’ bêtise,
Mamselle Lise…

(A. De Calonne)

Se voyant traité d’la sorte,
Il dit qu’il s’est trompé de porte,
El vent m’ fourrer son outil
Dans un trou qu’ j’ai sous le nombril.

(Parnasse satyrique)

Trompette

Larchey, 1865 : Colporteur de nouvelles. — Allusion à la trompette allégorique de la Renommée.

Larchey, 1865 : Nez trop bruyant. — Nez en trompette : Nez relevé.

Delvau, 1866 : s. f. Cigare, — parce qu’on le tient continuellement à la bouche, comme si on voulait jouer un air quelconque.

Delvau, 1866 : s. f. Le nez, — à cause du bruit qu’il fait lorsqu’on se mouche.

Delvau, 1866 : s. f. Visage, — dans l’argot des faubouriens.

Rossignol, 1901 : Visage.

France, 1907 : Visage.

La viscope en arrière et la trompette au vent,
L’œil marlou, il entra chez le zingue, et levant
Sa blouse qui faisait sur son ventre une bosse,
Il en tira le corps d’un chat : « Tiens, dit le gosse
Au troquet, tiens, voici de quoi faire un lapin. »
Puis il prit son petit couteau de goussepain,
Dépouilla le greffier et lui fit sa toilette
Avec le geste d’un boucher de la Villette.

(J. Richepin, La Chanson des gueux)

Trompette (jouer de la)

Rigaud, 1881 : Sacrifier à crepitus.

Trompette (nez en)

Rigaud, 1881 : Nez à la Roxelane.

Trompette, tirelire

Rigaud, 1881 : Figure ; tête.

Trompetter

Delvau, 1866 : v. a. Divulguer, publier une chose qui devait être tenue secrète, — dans l’argot du peuple.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique