d’Hautel, 1808 : Aphérèse de citrouille.
Une grosse trouille. Terme de mépris, pour dire une grosse mâflée ; une femme d’une corpulence peu gracieuse.
Delvau, 1866 : s. f. Domestique malpropre ; femme du peuple rougeaude et avachie.
Rigaud, 1881 : Souillon de cuisine, femme malpropre.
Virmaître, 1894 : Domestique malpropre, femme du peuple rougeaude et avachie. A.D. Trouille ne se prend pas en ce sens ; cela veut dire : tu n’as pas peur. Trouille est synonyme de hardiesse.
— Tu n’as pas la trouille d’entreprendre une tâche aussi difficile (Argot du peuple). N.
Rossignol, 1901 : Peur. — « Tu n’as pas la trouille (pas peur). » — « Tu veux que je te prête ma femme, tu n’as pas la trouille. »—« Si tu n’y va pas, c’est que tu as la trouille. »
Hayard, 1907 : Peur.
France, 1907 : Peur. N’avoir pas la trouille, avoir de l’audace, de l’effronterie.
Même au fort d’une conversation tant soit peu lâchée entre gens de bonne compagnie, on trouverait d’un goût douteux… au moins, d’articuler à haute voix cette opinion qu’un tel, muni de trop d’aplomb (un aplomb bœuf !) n’a pas la trouille ou qu’il ne manque pas de culot.
(Frédéric Loliée, Parisianisme)
Cependant que tu es en verve,
Dis-nous encor, fils de Minerve,
Quelque chose… Tu t’ébahis
De la piètre et triste figure
D’un Français qui, par aventure,
S’exile en ton chien de pays ?
Parbleu, butor de belle espèce,
Rommel, dont la caboche épaisse
Ferait mieux dans un pantalon,
Je vois que tu n’as pas la trouille ;
Mais vraiment, est-ce à la citrouille
À se gondoler du melon !
(Raoul Ponchon)
France, 1907 : Fille sale, servante malpropre, souillon ; argot populaire.
Et, si tout le monde l’appelait la Trouille quoiqu’elle portât le beau nom d’Olympe, cela venait de ce que Jésus-Christ, qui gueulait coutre elle du matin au soir, ne pouvait lui adresser la parole, sans ajouter : « Attends, attends ! Je vais te régaler, sale trouille ! »
(Émile Zola, La Terre)
