Tub

Tub

France, 1907 : Bassin pour faire ses ablutions, anglicisme.

Jusque vers la fin du dix-huitième siècle, les reines d’Angleterre prenaient leur tub en présence de la Cour et de quelques invités de distinction. Ça serait choquant aujourd’hui, mais il ne faut pas oublier que le Roi-Soleil ne se gênait guère pour prendre bien autre chose devant ses courtisans, auxquels ce n’était pas toujours son soleil qu’il faisait voir en plein midi.

(Grosclaude)

La courtisane la plus éprise de son corps ne fait pas plus minutieusement sa toilette et ne sort pas du bain plus nette et plus pure que ce délicieux chat, qui n’a pourtant d’autre tub que sa langue et d’autre éponge que sa patte.

(François Coppée)

Tubard

Hayard, 1907 : Nez.

France, 1907 : Chapeau haut de forme ; allusion à sa ressemblance avec un tuyau. Les synonymes sont nombreux et la raillerie populaire s’est fort exercée sur ce vilain complément du costume moderne. En voici les principales désignations : blockaus, bloum, boisseau, bolivar, brosselard, cadratin, capsule, couvre-amour, cyclope, décalitre, lampion, tromblon, tube, tube à pression, tuyau de poêle. Voir Tube, Tuyau de poêle.

— Qu’est-ce que vous avez fait au bon Jésus et à ces damnés hommes, chérie de mes entrailles ? Dégoisez ça à votre mignonne maman, mon pauvre petit poulet d’hôpital.
— Rien, dit la petite en pleurnichant… c’est un monsieur à tubard qui m’a raccrochée comme ça parce que je vendais des fleurs à des types. Alors j’ai cru qu’il rabattait dans le truc ; je l’ai suivi dans sa piole. Mais c’était un friquet.

(Hector France, La Taverne de l’Éventreur)

Tube

Halbert, 1849 : Fusil.

Delvau, 1866 : s. m. Le gosier, — dans l’argot des faubouriens. Se rincer le tube. Boire. Se coller quelque chose dans le tube. Manger. Signifie aussi Voix.

Delvau, 1866 : s. m. Nez, — dans l’argot des marbriers de cimetière. Se flanquer du terreau dans le tube. Priser.

Rigaud, 1881 : Gosier. — Nez. Se piquer le tube, se griser.

La Rue, 1894 : Gosier. Nez. Fusil. Chapeau.

Virmaître, 1894 : Chapeau haut de forme. On dit aussi : tuyau de poêle (Argot du peuple).

Virmaître, 1894 : Le gosier. Dans le peuple, on dit deo celui qui a le ventre creux :
— Il n’a rien à se mettre dans le tube.
Boire un bon coup, c’est se rincer le tube.
— Il est quatre heures, je vais me coller un peu de fripe dans le tube.
Mot à mot : je vais manger (Argot du peuple).

Hayard, 1907 : Chapeau haut-de-forme, nez.

France, 1907 : Gosier. Se coller quelque chose dans le tube, boire ou manger. Argot populaire.

La gamelle a du bon, mes fistons, et la preuve c’est que le prince d’Orléans, qui a pourtant mieux que ça à se coller dans le tube, est venu réclamer la sienne quand il a eu l’âge d’en boulotter.

(Monthabor, La Vie au régiment)

France, 1907 : Même sens que tubard ; le digue pendant de l’ignoble habit à queue de morue.

— Mon horreur pour le chapeau noir surpasse de 69 coudées 7 dixièmes la haine que Jules Lemaître professe à l’égard du même objet. Je demande pour le ridicule couvre-chef une nouvelle Saint Barthélémy !
— Parfait !
— Ce que je n’admets surtout pas, c’est la consécration tyrannique du tube par le protocole de la snoberie moderne. Certaines gens ne peuvent récupérer leur pain quotidien que si, malgré le délabrement de leur costume, ils sont coiffés de ce monstrueux cylindre !

(George Auriol)

Son successeur est un tub très à la mode,
Digne d’être chanté sur le rythme d’une ode,
Au dernier goût du jour et d’un chic élégant ;
Il luit plus qu’un miroir, il me va comme un gant.

(George Bois, Cœur au vent)

Tube à haute pression

Rigaud, 1881 : Chapeau haute forme, — dans le jargon des voyous.

Tuber

Rigaud, 1881 : Fumer la pipe. Le mot est d’importation méridionale. — Si nous en tubions une ?

La Rue, 1894 : Fumer la pipe.

Hayard, 1907 : Bouder, être en colère.

France, 1907 : Fumer la pipe ; argot populaire. En tuber une.

Tubercule

France, 1907 : Gros nez ; argot populaire.

Tubéreuse

Delvau, 1866 : s. f. Ventris flatus male olens, — dans l’argot des faubouriens. Lâcher une tubéreuse. Ventris flatum emittere.

France, 1907 : Vesse. Lâcher une tubéreuse, vesser. Allusion à la mauvaise odeur de la fleur de ce nom.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique