Vivre

Vivre

d’Hautel, 1808 : Il vit de l’air du temps. Voy. Air.
Il faut vivre avec les vivans. Pour dire se conformer à leurs caractères, supporter avec indulgence leurs défauts et leurs vices.
Il faut que tout le monde vive, larrons et autres. Se dit pour excuser les pillards, les gens qui vivent du fruit de leur monopole et de leurs exactions.
Bouffer les vivres. Manière basse et populaire, pour dire prendre ses repas ; manger aux heures accoutumées.

Vivre aux crochets de quelqu’un

France, 1907 : Vivre à son compte, à ses dépens. Se faire héberger, se faire entretenir.

— Vous n’avez jamais travaillé sérieusement. Vous aviez une sœur danseuse à la Porte-Saint-Martin, morte il y an environ trois mois dans de tragiques circonstances.
— Me parlez pas de ça, mon magistrat, vous me feriez verser toutes les larmes de mon corps.
— Vous vivier à ses crochets.
— C’était par esprit de famille.

(Simon Boubée, Le Testament d’un martyr)

— Si tu savais comme c’est un homme léger ! Il ne va voir ses électeurs que six mois après leur mort. On le dit à qui veut l’entendre dans le quinzième arrondissement, où on ne le connait pour ainsi dire pas. Il est bon pour faire la noce et vivre à tes crochets.

(Edgar Monteil, Le Monde officiel)

Vivre d’amour et d’eau fraîche

Delvau, 1866 : v. n. Se dit ironiquement — dans l’argot de Breda-Street — de l’amour pur, désintéressé, sincère, celui

Qu’on ne voit que dans les romans
Et dans les nids de tourterelles.

Vivre de l’air du temps

Delvau, 1866 : N’avoir pas de quoi vivre. Argot du peuple.

Vivre de sa viande

France, 1907 : Gagner sa pitance en profitant de son physique.

La bouche plus p’tit’ que les calots,
L’esgourd’ girond’ comme un’ ostende,
Aussi j’ai dit : Vivons d’not’ viande !
J’aim’ mieux êt’ dos.

(Jean Richepin, La Chanson des gueux)

Vivres (taper sur les)

Larchey, 1865 : Manger avec avidité. — Couper les vivres : Supprimer l’envoi d’une pension alimentaire.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique