d’Hautel, 1808 : Il a les yeux percés avec une vrille. Se dit d’un homme qui a les yeux extrêmement petits, et très-renfoncés. Voyez œil.
Yeux tournés à la friandise. Pour dire des yeux fripons, enclins à la luxure.
Deux yeux valent mieux qu’un. Signifie qu’une chose est mieux soignée, quand elle est examinée par plusieurs personnes.
Avoir les yeux pochés au beurre noir, en compote. Voyez Beurre.
Il a plus grands yeux que grand ventre. Voyez Panse.
Se manger le blanc des yeux. Se quereller, se dire des injures, s’emporter l’un contre l’autre, se chamailler continuellement.
Faire les yeux doux, faire les yeux en coulisse. Voyez Coulisse.
Il a la mort dans les yeux. Se dit d’une personne qui est excessivement malade, qui est tombée en langueur.
Cela lui crève les yeux. Se dit d’une chose visible qu’une personne ne peut trouver quelque recherche qu’elle fasse.
Jeter de la poudre aux yeux. Voyez Poudre.
Yeux
Yeux
Yeux au beurre noir
Delvau, 1866 : s. m. pl. Yeux pochés par suite d’une chute ou d’une rixe, — dans l’argot des faubouriens.
Yeux blancs (faire les)
Delvau, 1864 : Se pâmer sous l’influence de la jouissance vénérique.
La grisette, qui commence à faire ses yeux blancs…
(H. Monnier)
Yeux comme des tasses (ouvrir des)
Rigaud, 1881 : Ouvrir de grands yeux étonnés.
Yeux culottés
Rigaud, 1881 : Yeux cernés. Chez une femme cela ne tire pas à conséquence ; chez une jeune fille ce décor répond à la situation que Sapho a traduite par le célèbre : « Et moi, je couche seule. »
Yeux d’Argus
France, 1907 : Yeux qui voient tout, auxquels rien n’échappe. Argus est un personnage de la mythologie grecque qui possédait cent yeux dont cinquante étaient toujours ouverts, tandis que le sommeil fermait les cinquante autres. Mercure parvint à lui couper la tête, et Junon répandit ses yeux sur la queue du paon, l’oiseau qui lui est consacré, et où l’on peut les admirer encore. Ce n’est pas plus bête que la légende de l’âne qui porte tracée sur le dos la croix du Christ. Mieulx voyant que Argus, dit un vieux dicton.
Yeux de carpe
France, 1907 : Yeux pâmés, yeux vides de pensée, comme on en voit sur les images de saints ou de saintes fondus dans l’amour divin.
J’avais vu à Paris des peintures italiennes fort agréables : mais je crois que le signor Bussofanti a fait la gageure de réunir toutes les horreurs inspirées aux peintres ultramontains par le fanatisme religieux le plus féroce. Ce ne sont que supplices raffinés et épouvantables ; saints mis sur le gril, crucifiés la tête en bas, écorchés vifs, hachés comme chair à pâté, brûlés à petit feu ou tirés à quatre chevaux ; ce ne sont que solitaires maigres comme des coucous et roulant devant des têtes de mort leurs gros yeux de carpes pâmées ; ce ne sont que nonnains en prières, moinillons en convulsions, Père Éternel à grande barbe blanche et Saint-Esprit prêts à se mettre à la casserole. Pouah !… il me tardait de sortir de cette galerie, tant tout cela me causait d’horreur…
(Simon Boubée, La Jeunesse de Tartufe)
Yeux de carpe (faire des)
Delvau, 1864 : Montrer le blanc des yeux, se pâmer dans l’acte copulatif.
Yeux de cochon
Rigaud, 1881 : Petits yeux clignotants. — Yeux en boules de loto, gros yeux à fleur de tête ; ou, encore, yeux de bœuf, les yeux dont Homère a gratifié Junon.
Yeux de lapin blanc (avoir des)
Delvau, 1866 : Rouges, avec des cils blancs.
Yeux de lynx (avoir des)
France, 1907 : Avoir de bons yeux à cause de la vue extraordinaire attribuée au lynx, dont le nom vient de λύγξ, lumière. Le lynx, espèce de chat, possède, comme tous les animaux de la race féline, une vue très perçante et les naturalistes de l’antiquité, qui n’y regardaient pas de si près, avaient accrédité la fable que le lynx jouissait de la faculté de voir à travers les murailles.
Lynx envers nos pareils et taupe envers nous,
dit La Fontaine.
On a donné une autre explication de cette expression proverbiale :
Lorsque Jason partit à la conquête de la Toison d’or, il avait parmi ses compagnons un nommée Lyncée, fils d’Apharée, doué d’une vue telle qu’il apercevait les écueils dans la mer et prévenait le pilote ; et jusque dans les profondeurs de la terre découvrait les trésors enfouis. Il est probable que ce Lyncée était un habile marin qui, ayant navigué dans le Pont-Euxin, en connaissait les côtes et savait à certains indices reconnaître les terrains aurifères.
Suivant les anciens, l’urine du lynx avait la propriété de se changer en pierre précieuse : le lapis lyncurius.
Yeux en trou de vrille, petits 22
Rigaud, 1881 : Yeux bien bêtes, sans expression. On dit encore, dans le même sens : yeux en trou de pipe. Cette dernière expression présente une variante, grâce au changement d’une seule lettre, variante que je ne puis citer. Et il y a des gens qui gémissent sur la pauvreté de notre langue ! Ce sont eux qui sont pauvres… d’imagination.
Yeux sur le plat
Delvau, 1866 : s. m. pl. Se dit des yeux blancs que font certaines femmes grimacières, et qui ressemblent assez, en effet, à deux œufs dont on ne verrait que l’albumine.
Virmaître, 1894 : Quand un individu fait des yeux blancs, que la prunelle remonte dans l’orbite, on dit : il fait des yeux sur le plat. C’est un jeu de mots fort juste (Argot du peuple).
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